Bakari GUEYE

Mauritanie/Rétrospective 2015: Une année riche en événements

carte-drapeaux-mauritanie
Crédit photo:google

Les mauritaniens ont été profondément marqués par une année 2015, riches en événements, malheureusement pas toujours heureux.
Cette année s’est terminée par un événement tragique. Il s’agit du décès du fils cadet du président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, emporté par la grande faucheuse en compagnie de l’un de ses collaborateurs au sein de la fondation Errahma, le journaliste Cheikh Oumar N’Diaye, a suscité une grande émotion au sein de l’opinion mauritanienne, et de la classe politique, toutes tendances confondues.
Le défunt, Ahmed, 24 ans, se trouvait dans cette région pour distribuer des aides humanitaires aux populations nécessiteuses.
Il dirigeait l’Organisation non gouvernementale de bienfaisance Rahma (miséricorde) qui appuie les personnes sans ressources dans divers domaines (vivres, vêtements, outils scolaires etc..) dans les différentes régions de Mauritanie. Les causes de l’accident n’ont pas été communiquées jusqu’à présent.
Dès l’annonce de cette mort , au cours d’un accident de la route non loin de la ville de Tintane, au Hodh El Gharbi une région à l’est du pays, à quelque 800 kilomètres de Nouakchott, un énorme élan de solidarité est né, spontanément et les mauritaniens ont sans exclusive exprimé leur peine et leur compassion pour la famille éploré.
C’est ainsi que des milliers de personnes, des chefs d’états africains, de grandes personnalités politiques, de la société civile et ordinaires ont défilé au domicile présidentiel pour présenter leurs condoléances et ce au lendemain d’une prière mortuaire qui a réuni une foule immense à la mosquée Ibn Abass au centre de la capitale.
Autre fait marquant de cette année écoulée, la grève des mineurs de la SNIM qui a duré des mois et faillit mettre cette société, poumon de l’économie nationale, à genoux.
Déclenchée à Zouerate, dans le nord du pays, c’est la plus longue qu’ait jamais connu la société d’Etat qui exploite le minerai de fer. Plus de 3 000 mineurs demandent entre autres une augmentation de salaire promise l’année d’avant par la direction. Depuis, la grève s’est étendue aux salariés de Nouadhibou. Les négociations entre syndicats et direction, ont trainé en longueur. Et, il aura fallu l’intervention providentielle du maire de Zouérate, bras droit du président pour mette un terme à cette grève.
2015, ce fut aussi l’année de l’enseignement annoncée tambour battant par le président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz, à l’occasion du 54ème anniversaire de l’indépendance nationale.
Cette annonce intervient à un moment où le système éducatif national se trouve dans une très mauvaise passe marquée par une baisse inquiétante des niveaux et une perte de crédibilité totale au sein de l’école mauritanienne.
Malheureusement cette annonce ne convainquit pas grand monde et surtout pas les enseignants habitués à des déclarations du genre qui ne sont, le plus souvent, que des vœux pieux.
Rappelons que M. le président qui venaint d’entamer son second mandat avait promis lors du premier que le redressement du secteur éducatif serait la priorité des priorités. Mais hélas, il n’en a rien été et la situation a évolué de mal en pis.
En réaction à cette énième déclaration pompeuse du président de la République, le Syndicat National de l’enseignement secondaire (SNES) nota dans un communiqué daté du 28 novembre : « Nous apprécions également la déclaration du président de la République de l’année 2015 « année de l’enseignement ». Nous espérons que cette déclaration ne sera pas qu’un slogan.
Même si au cours de cette année, les autorités mauritaniennes ont multiplié les initiatives, les résultats se font toujours attendre.
En effet, les résultats du bac 2015 furent une catastrophe. C’est ainsi que sur près de 40 000 candidats, toutes filières confondues, il n’y a eu que 3 134 admis en première session soit un taux largement en deçà des 10 %.
Au sein de 7 centres d’examen, situés à l’intérieur du pays, il n’y a eu aucun admis (Djiguéni, M’bagne, Rachid, Lexeiba 1, Achram, Djéol et Tiguint).
Ce sont donc là des résultats peu reluisants et qui sont en porte à faux avec cette fameuse année de l’enseignement.
Ironie du sort, on aura assisté à une organisation des plus chaotiques pour le baccalauréat avec l’utilisation à grande échelle par les candidats des supports de pointe dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (téléphones portables dernier cri, Hi Phone, Smartphone,…)
Et pour couronner ce tableau, il y a eu cette fuite concernant le sujet de physique-chimie pour les candidats au bac scientifique. La fuite fut d’une ampleur d’autant plus importante que les autorités du ministère de l’Éducation se sont vues dans l’obligation de reconnaître les faits et de recommencer l’épreuve pour un examen dont la crédibilité avait été largement écornée.
Sur le plan politique, la situation n’a pas bougé d’un iota. Et, le dialogue politique tant souhaité –du moins en apparence-par les acteurs politiques de l’opposition et de la majorité a eu du mal à prendre forme.
C’est ainsi qu’on ira de report en report et les supputations vont bon train.
Les dernières déclarations de Me Ahmed Salem Ould Boyuhoubeyni, le tout nouveau président du forum national pour la démocratie et l’Unité (FNDU) ne sont pas pour déverrouiller l’énigme qui entoure la participation ou non de ce pôle politique.
Pour le patron du FNDU : « Si le pouvoir a réellement la volonté d’entamer un dialogue sérieux attendu par tous les mauritaniens, il doit, pour montrer sa bonne foi, et nous prenons le peuple à témoin, reprendre le processus de contacts et de négociations avec le FNDU. Et, nous attendons sa réponse. »
Cette disponibilité au dialogue a été bien accueillie dans le camp adverse. Dans un communiqué en date du 23 octobre, les partis de la majorité présidentielle saluent cette volonté sans équivoque d’aller au dialogue, ils se disent prêts à discuter avec le FNDU des modalités pratiques de ce dialogue et réaffirment leur conviction sur le fait que seul le dialogue est en mesure de décanter la situation politique du pays.
Mais on attend toujours.
Autre gros problème qui a préoccupé les mauritaniens, c’est la sécurité et notamment l’Insécurité à Nouakchott avec les vols et les crimes devenus monnaie courante. Les populations ont exprimé leur ras-le-bol car la capitale mauritanienne est en passe de battre un triste record du fait de l’insécurité galopante qui fait que ses habitants livrés à eux-mêmes ne savent plus à quel saint se vouer.
En effet les agressions, les vols à main armée, les meurtres sont devenus monnaie courante.
Et, le meurtre de la commerçante Khedouje Mint Abdel Mejid tuée à coups de poignard, ce mardi 8 Décembre, de la part d’un malfaiteur, aura été la goutte qui a fait déborder le vase.
L’assassinat de cette paisible citoyenne a suscité une grande colère des usagers du marché qui ont organisé, ce mercredi, une marche gigantesque vers le palais présidentiel réclamant plus sécurité dans le marché et à ses alentours surtout à la tombée de la nuit.
Les manifestants ont demandé l’application de la loi du Talion à l’endroit du meurtrier du marché
Une manifestation similaire a été organisée avec des centaines de personnes dans les rangs desquels on comptait des parlementaires et des personnalités de la société civile.
La manif s’est ébranlée à partir de la mosquée Ibn Abbas en direction de la présidence pour exiger l’application de la loi du Talion à l’endroit du meurtrier de la commerçante du marché.
Face à ce tollé, le gouvernement a réagi timidement en décidant de diviser la capitale en trois secteurs dont la sécurité sera confiée à la gendarmerie, à la garde et à la police.
Une disposition qui fait partie des nouvelles mesures adoptées par le gouvernement afin de lutter contre l’insécurité dans la capitale.
Cette mesure a été annoncée récemment par le ministre de la communication et des relations avec le parlement, porte-parole du gouvernement Mohamed Lemine O. Cheikh, lors d’une conférence de presse.
A noter à ce sujet que l’Assemblée Nationale a consacré une séance plénière, sous la présidence du député Mohamed Ould Boilil, son président, à la réponse du ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, M. Ahmedou Ould Abdallah, à la question posée par le député Mahfoudh Ould Jiyid.
Une question qui traite entre autre de la situation sécuritaire dans la capitale.
Le député a appelé le gouvernement à renforcer la sécurité à Nouakchott et à appuyer la police nationale pour qu’elle joue son rôle de manière convenable et faire face aux criminels en les empêchant de commettre leurs forfaits.
Au sujet du rôle de la police nationale, le ministre de l’intérieur et de la décentralisation a indiqué que la création du Groupement Général de la Sécurité Routière (GGSR) est intervenue pour renforcer ce rôle. Il a pour tâche d’organiser la circulation routière et de préserver cette sécurité sur les routes pour permettre à la police de se consacrer à ses missions classiques.
Il a précisé que ces missions résident dans la lutte contre le crime, le contrôle des frontières et la lutte contre l’immigration illégale, relevant l’attention dont bénéficie la police dont le budget est parmi les mieux dotés des administrations sécuritaires du pays.
Le ministre a souligné les efforts consentis au niveau de Nouakchott qui abrite le tiers de la population de la Mauritanie. Il a affirmé que ces efforts ont contribué à offrir la sécurité à Nouakchott notamment à travers l’éradication des quartiers précaires et à la disponibilisation de l’électricité dans les différents quartiers de la ville.
M. Ould Abdallah a évoqué le plan mis en œuvre pour sécuriser la capitale.
Le ministre a conclu en disant que ces mesures vont permettre, par la même occasion, en cas de crime, d’appréhender, dans les meilleurs délais, les auteurs et de les présenter à la justice pour écoper de la peine qu’ils méritent.
Au cours de l’année 2015, la SOMELEC n’a pas brillé par son électricité et les Nouakchottois étaient régulièrement plongés dans le noir, et le comble c’est le fait que les habitants de la capitale ont fini l’année dans le noir.
Pourtant la SOMELEC a franchi des pas importants
Avec une croissance exponentielle de l’offre, une croissance malheureusement qui n’allie pas la quantité à la qualité du service.
Cette situation malencontreuse que d’aucuns expliquent par l’opacité de l’attribution des marchés et la mauvaise qualité du matériel porte un tort énorme aux habitants et aux entreprises qui sont les grands perdants dans cette histoire.
Et au moment où la plupart des citoyens portent un doigt accusateur vers les agents de la SOMELEC qui se comportent comme en pays conquis, ladite société est incapable d’honorer ses engagements en assurant la fluidité du service.
Autres déboires vécus par les Nouakchottois en 2015.C’est la maladie.
La pays a fait face pendant plusieurs mois à une situation sanitaire préoccupante, situation aggravée par l’apparition d’une épidémie de la fièvre de la vallée du Rift venue s’ajouter à la dengue qui a térrassé des milliers de personnes.
Malgré les dénégations des autorités sanitaires et les discours du ministre de la Santé et de ses principaux collaborateurs qui soutiennent que tout est rose, le doute n’avait plus de place concernant le mal qui a sévi dans le pays. De plus, la fuite dans la presse d’une lettre du secrétaire général du ministère de la Santé adressée à l’OMS sous le sceau de l’urgence a contredit toutes les théories avancées jusque-là pour calmer l’opinion publique.
Ainsi, l’Organisation mondiale de la santé fut invitée à intervenir d’urgence pour aider à circonscrire le mal avant qu’on en arrive à une épidémie de type A.
Selon cette lettre, la maladie a d’ores et déjà fait son apparition dans 12 départements du pays, dont 2, à Nouakchott, à savoir les départements de Dar Naim et Riyad. La lettre précise que le nombre de décès s’élève à 8 parmi les cas suspects. A ce jour on compte 25 cas suspects. Un chiffre qui risque d’augmenter vu l’incapacité des autorités sanitaires à freiner la progression exponentielle de l’épidémie de la dengue qui sévit elle aussi à une très grande échelle un peu partout dans le pays et notamment à Nouakchott où on dénombre des milliers de personnes atteintes.
Un tableau donc peu reluisant pour ne pas dire apocalyptique, un tableau que les autorités sanitaires tenaient coûte que coûte à cacher à l’opinion pour on ne sait quelles raisons.
L’une des rares satisfactions pour cette année 2015, fut l’annonce de la réception dans les tout prochains mois
De l’aéroport international Oum Tounsi de Nouakchott.
Une réalisation importante qui a forcé l’admiration de tous les mauritaniens.
L’aéroport international Oum Tounsi est construit sur une superficie de 18000 m² et comprend 2 pistes d’atterrissage de 3,4 km et 2,6 km de long pouvant recevoir de gros avions (Airbus 380) et (Airbus 780).
Il comporte aussi des salons d’honneur, une salle d’attente, une autre de chargement, des airs de stationnement d’avions, un hangar pour la maintenance d’une superficie de 4800m² en plus d’une mosquée, des bâtiments administratifs et d’une caserne de sapeurs-pompiers.
Les travaux de construction de cet aéroport, qui peut recevoir plus de deux millions de voyageurs, ont ainsi presque achevés.
Bakari Guèye


Mauritanie: Un grand journaliste s’en est allé

cheik
Crédit photo:Linkedin

La presse mauritanienne vient de perdre l’une de ses valeurs les plus sûres. Il s’agit de feu Cheikh Oumar N’Diaye, journaliste au quotidien « l’Authentique » et président du Club des Jeunes Journalistes.
M. N’Diaye malgré sa jeunesse et son bref parcours faisait partie des valeurs sûres de la presse mauritanienne francophone.
De par son sérieux, sa solide formation et son professionnalisme, il avait fini de convaincre et de se faire une place au soleil, au sein d’une corporation honnie et décriée.
Et ce n’est pas un hasard si le brillant et Oh combien philanthrope et généreux président de la fondation Errahma, feu ahmedou Ould Abdel Aziz, lui a fait confiance en le chargeant épisodiquement de certaines actions du volet communication de sa fondation.
De ce fait, ce n’est une surprise pour personne que feu Cheikh Oumar soit fauché dans les feux de l’action. Il est mort en effet aux côtés du fils du président de la République, vers Tintane au cours d’un long périple inter-régional, qui a permis à bien des pauvres de profiter des largesses du patron de la fondation Errahma.
Feu Cheikh Oumar N’Diaye s’est malheureusement éteint à la fleur de l’âge, emportant avec lui sa compétence et ses ambitions et portant ainsi un coup dur à la presse mauritanienne dont il était l’un des porte-étendards; un départ à un moment que nul ne pouvait imaginer. Mais ainsi va la vie.
Nous ne pouvons que formuler notre souhait le plus ardent auprès d’Allah pour qu’il repose en paix. Que sa famille, celle de feu Ahmedou Ould Abdel Aziz, la presse mauritanienne et toute la nation reçoivent nos condoléances les plus attristées.
Wa inna lillahi wa inna ileyhi rajioune.
Bakari Guèye


Profanation d’une mosquée à Nouakchott : les voleurs franchissent le Rubicon

al bounyane
Crédit photo:Albounyane

Pour la deuxième fois consécutive en l’espace de quelques semaines, la mosquée O.K de Dar Naim (quartier populaire de Nouakchott), située dans le secteur 12 suite, à quelques encablures du commissariat de police, a reçu la visite d’un cambrioleur.
Lors de sa première opération, le malfrat avait pillé la petite bibliothèque de la mosquée emportant avec lui plusieurs exemplaires du saint coran et quelques ouvrages du « Figh »(sciences religieuses).
Vendredi matin, 11 décembre, au cours de la seconde visite du cambrioleur, c’est le matériel de sonorisation qui avait été emporté.
Face à ces actes inimaginables dans un pays comme la Mauritanie où tout ce qui touche à l’islam jouit d’un énorme respect, les fidèles et l’imam de ladite mosquée sont tombés des nues.
Après son prêche du vendredi, M. Mohamed El Moustapha, l’imam de la mosquée s’est interrogé, comment cela est-il possible en Mauritanie?
Selon lui, l’insécurité a certes atteint des pics à Nouakchott, mais de là à violer la maison d’Allah, il y avait un pas qu’il ne fallait franchir sous aucun prétexte.
Et face de cette insécurité, l’imam a pris la décision de fermer la mosquée immédiatement après chaque heure de prière, une décision regrettable reconnait-il mais, il n’y a pas d’autre choix martela-t-il.
Et dire que les fidèles de cette mosquée ne pourront plus se recueillir dans cet espace sacré, avant et après la prière.
C’est là un coup dur qui en dit long sur la détérioration de la situation sécuritaire à Nouakchott, une situation qui crève les yeux et qui passe inaperçue du côté des autorités qui continuent à nier la gravité de la situation.
Bakari Guèye


Insécurité à Nouakchott: les populations expriment leur ras-le-bol

noorinfo
Crédit photo:Noorinfo

La capitale mauritanienne est en passe de battre un triste record du fait de l’insécurité galopante qui fait que ses habitants livrés à eux-mêmes ne savent plus à quel saint se vouer.
En effet les agressions, les vols à main armée, les meurtres sont devenus monnaie courante.
Et, le meurtre de la commerçante Khedouje Mint Abdel Mejid tuée à coups de poignard, ce mardi 8 Décembre, de la part d’un malfaiteur, aura été la goutte qui a fait déborder le vase.
L’assassinat de cette paisible citoyenne a suscité une grande colère des usagers du marché qui ont organisé, ce mercredi, une marche gigantesque vers le palais présidentiel réclamant plus sécurité dans le marché et à ses alentours surtout à la tombée de la nuit.
Les manifestants ont demandé l’application de la loi du Talion à l’endroit du meurtrier du marché
Une manifestation similaire a été organisée samedi avec des centaines de personnes dans les rangs desquels on comptait des parlementaires et des personnalités de la société civile.
La manif s’est ébranlée à partir de la mosquée Ibn Abbas en direction de la présidence pour exiger l’application de la loi du Talion à l’endroit du meurtrier de la commerçante du marché.
Le fils de la victime, Abdel Mejid O. Boukhary qui faisait parti du cortège, avait réclamé l’application du Kissass (loi du Talion) et plus de justice et de sécurité dans la ville.
O. Boukhary a déploré qu’aucun conseiller du président ne se soit présenté pour prendre la lettre dont il était porteur.
Les manifestants scandaient des slogans demandant la sécurité dans les marchés, par le déploiement de patrouilles sur place.
Face à ce tollé, le gouvernement a réagi timidement en décidant de diviser la capitale en trois secteurs dont la sécurité sera confiée à la gendarmerie, à la garde et à la police.
Une disposition qui fait partie des nouvelles mesures adoptées par le gouvernement afin de lutter contre l’insécurité dans la capitale.
Cette mesure a été annoncée jeudi par le ministre de la communication et des relations avec le parlement, porte-parole du gouvernement Mohamed Lemine O. Cheikh, lors d’une conférence de presse.
Le ministre, évoquant les derniers événements intervenus au niveau de la capitale, a affirmé que ceux-ci pouvaient arriver n’importe où dans le monde.
Aucun pays a-t-il ajouté n’est à l’abri du crime et les récents attentats intervenus dans des pays qui se croyaient à l’abri confirment ce fait.
O. Cheikh a enfin révélé que le gouvernement a pris de nouvelles mesures destinées à garantir la sécurité dans la capitale.
A noter à ce sujet que l’Assemblée Nationale a consacré la séance plénière qu’elle a tenue, mercredi, sous la présidence du député Mohamed Ould Boilil, son président, à la réponse du ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, M. Ahmedou Ould Abdallah, à la question posée par le député Mahfoudh Ould Jiyid.
Une question qui traite entre autre de la situation sécuritaire dans la capitale.
Le député a appelé le gouvernement à renforcer la sécurité à Nouakchott et à appuyer la police nationale pour qu’elle joue son rôle de manière convenable et faire face aux criminels en les empêchant de commettre leurs forfaits.
Au sujet du rôle de la police nationale, le ministre de l’intérieur et de la décentralisation a indiqué que la création du Groupement Général de la Sécurité Routière (GGSR) est intervenue pour renforcer ce rôle. Il a pour tâche d’organiser la circulation routière et de préserver cette sécurité sur les routes pour permettre à la police de se consacrer à ses missions classiques.
Il a précisé que ces missions résident dans la lutte contre le crime, le contrôle des frontières et la lutte contre l’immigration illégale, relevant l’attention dont bénéficie la police dont le budget est parmi les mieux dotés des administrations sécuritaires du pays.
Le ministre a souligné les efforts consentis au niveau de Nouakchott qui abrite le tiers de la population de la Mauritanie. Il a affirmé que ces efforts ont contribué à offrir la sécurité à Nouakchott notamment à travers l’éradication des quartiers précaires et à la disponibilisation de l’électricité dans les différents quartiers de la ville.
M. Ould Abdallah a évoqué le plan mis en œuvre pour sécuriser la capitale, qui a été divisée en 3 wilaya, dont les différentes administrations sécuritaires se partagent le maintien de l’ordre et la sécurité. C’est ainsi que la gendarmerie sécurise Nouakchott Nord, la police Nouakchott Ouest et la garde Nouakchott Sud.
Le ministre a conclu en disant que ces mesures vont permettre, par la même occasion, en cas de crime, d’appréhender, dans les meilleurs délais, les auteurs et de les présenter à la justice pour écoper de la peine qu’ils méritent.
Bakari Guèye


Mauritanie/La fondation Moktar Ould Dadah dans l’œil du cyclone

fondation ami
Crédit photo:Ami

A la veille de la commémoration du 55ème anniversaire de l’indépendance nationale, le conseil des ministres a entériné la décision de retrait de reconnaissance d’utilité publique de la Fondation Mokhtar Ould Daddah.
L’argument avancé par le conseil pour justifier cette lourde sanction contre cette fondation dirigée par Mme Marième Dadah, ex-première dame du pays c’est: « un manquement manifeste de ladite fondation à s’acquitter de ses obligations conformément à la réglementation en vigueur ».
Mais il est curieux de remarquer qu’elle intervient au lendemain de la diffusion d’une lettre ouverte de Marième Dadah, adressée au président de la République et dans laquelle elle s’insurge contre l’appellation du tout nouvel aéroport de Nouakchott dénommé « Oum Tounsy ».
Dans sa lettre Marième Dadah souligne: « Il se trouve en outre, que le nom d’Oum Tounsi rappelle une bataille qui, en 1932 a opposé dans le cadre du processus de pacification alors en cours, les Mauritaniens du Groupement nomade du Trarza alliés à la France, à d’autres Mauritaniens hostiles à cette dernière.
Cette bataille symbolise donc à nos yeux la division, alors qu’aujourd’hui, la Mauritanie a, plus que jamais, besoin d’unité.
Dans la plupart des pays africains, l’aéroport de la capitale porte le nom du Père Fondateur. Nous nourrissons le ferme espoir que dans quelques jours, l’aéroport international de Nouakchott portera lui aussi le nom de Moktar Ould Daddah, le Père Fondateur de la République Islamique de Mauritanie. »
Telle serait la goutte qui a fait déborder le vase. Et la réaction fut cinglante et disproportionnée.
Cela s’expliquerait par le ressentiment refoulé du pouvoir contre le père de la nation et par la complexité de ce dossier très sensible qui fut déjà l’objet d’une vive polémique déclenché par le Colonel Ould Beibacar, un officier à la retraite, bête noire du régime et qui s’est inscrit en faux contre l’appellation officielle du nouvel aéroport.
S’exprimant à ce sujet lors de sa conférence de presse le 28 novembre à Nouadhibou, le président Aziz a affirmé que la fondation a porté préjudice au peuple mauritanien.
Bakari Guèye


Attentat de Bamako: La menace terroriste s’accentue

Radison la montagne
Crédit photo:La montagne.fr

Alors que le monde entier était encore sous le coup de l’émotion provoquée par les massacres de Paris, les terroristes ont enfoncé le clou en frappant cette fois le Radisson Blu, le plus grand hôtel de la capitale malienne.

L’attentat de Bamako
, revendiqué d’une part par le redoutable chef des Mourabitounes, Mokhtar Belmokhtar alias « Le Borgne », et d’autre part par le Front de libération du Macine, a fait 22 morts et près d’une dizaine de blessés. Un bilan macabre qui vient s’ajouter à celui de Paris, de Beyrouth, du Sinaï, sans oublier les centaines de morts régulièrement recensées au Nigéria et dans les pays voisins où sévit la secte extrémiste Boko Haram.

L’attentat de Bamako intervient également au moment où les dirigeants du G5 Sahel étaient en conclave à N’Djaména pour parler sécurité et développement et mettre sur pied les meilleurs moyens de lutter contre la montée en flèche du terrorisme dans la région.
Malgré les efforts mis en œuvre pour faire face aux actions terroristes, celles-ci se multiplient dans une région sahélienne où les dirigeants n’auront d’autre choix que de mutualiser leurs efforts pour contrer ce phénomène.

Ainsi, à l’issue de ce sommet, le G5 Sahel a annoncé la création d’une force militaire conjointe, décision qui sonne comme une réponse des cinq pays à la prise d’otages de Bamako. Le groupe a également voté en faveur de la mise en place d’une force régionale pour lutter contre Boko Haram. Par ailleurs, un comité de défense et de sécurité, et une plateforme de coopération en matière de sécurité verront le jour.

Après l’attaque sanglante de l’hôtel Radisson de Bamako vendredi, Ibrahim Boubacar Keïta a tenu un Conseil des ministres extraordinaire dans la soirée. Le président malien a décrété l’état d’urgence pour dix jours ainsi que trois jours de deuil national en l’hommage des victimes.

Bakari Guèye


Daéch lance « l’expédition de Paris » : Un carnage qui fait 127 morts

20 mn
Crédit photo:20 minutes

Les combattants de l’Etat Islamique « Daech » n’y sont pas allés de main morte vendredi soir à Paris où au cours de plusieurs attaques simultanées, ils ont réussi à abattre froidement 127 personnes et blessé près de 100 autres.

Quelques heures plus tard, dans la matinée, Daech a revendiqué ces terribles attentats commis au cœur de l’Europe. Dans son communiqué, l’organisation de l’Etat Islamique(EI) annonce que : « l’expédition de Paris est un avertissement et un exemple. »
Et le communiqué d’ajouter que : ce n’est là qu’un début ».
Voilà qui donne des frissons et qui prouve s’il en est besoin la capacité de nuisance de l’EI qui en veut à mort à la France qui mène une guerre sur plusieurs fronts contre le terrorisme.
Et ce n’est peut-être pas un hasard si les attentats de Paris ont eu lieu 24 heures après la chute de la ville mythique irakienne de Sindjar, reprise par les Peshmergas (avec l’appui de la coalition occidentale) des mains des islamistes, un coup dur pour Daech qui mettra du temps pour le digérer.
Quoiqu’il en soit, la réaction aura été rapide et disproportionnée et, aussi invraisemblable que cela ne puisse paraitre, l’EI avec cet « acte de guerre »-pour reprendre les propos du président Hollande-est parvenu à mettre à genoux une puissance aussi importante que la France.
Comment peut-on imaginer en effet que la France, dépassée par l’ampleur de la catastrophe en vient à des mesures aussi drastiques que l’instauration de l’Etat d’urgence et la fermeture des frontières.
C’est dire que l’heure est grave et que désormais rien ne sera plus comme avant, en ce sens que les terroristes sont parvenus à renverser la vapeur et, il ne serait pas exagéré de dire que, vu la facilité avec laquelle Daech est parvenu à organiser et à mener ces attentats meurtriers au cœur de la capitale française, la peur va changer de camp.
Bakari Guèye


Budget 2016 : L’étau se resserre autour des consommateurs mauritaniens

mauritanie decouverte
Crédit photo:Mauritanie.découverte

L’année 2016 s’annonce encore plus difficile pour les consommateurs mauritaniens qui sont passés maître dans l’art de tirer le diable par la queue.
Confrontés à un contexte économique très difficile marqué par une pression fiscale intenable, les mauritaniens sont invités à consentir encore beaucoup plus de sacrifices au service d’un budget national fondée essentiellement sur les impôts (+des 2/3 soit près de 300 milliards d’ouguiyas sur 451 milliards).
Ces données fournis par le ministre des finances qui a présenté jeudi dernier en Conseil des ministres le projet de loi de finances pour l’année 2016 suscitent l’émoi de l’opinion publique nationale, soumise depuis quelques années à un véritable « effort de guerre » avec une direction des impôts qui pompe sans vergogne, et ce jusque dans les poches des plus démunis.
Et, pourtant, au même moment, on nous rabâche les oreilles avec des affirmations tonitruantes du genre : « l’économie nationale se porte bien », « les caisses de l’Etat sont bien garnis » et j’en passe.
Une propagande qui passe bien et ce d’autant plus que certaines institutions internationales, pour on ne sait quels intérêts obscurs, n’hésitent pas à apporter leur caution à la propagande gouvernementale, en s’appuyant sur des rapports dont les données surprennent tous les mauritaniens dotés de bon sens.
Comment en effet peut-on concilier entre une économie qui se porte bien avec un budget confectionné à partir de l’ « effort de guerre » des citoyens, dont les poches sont pompés sans ménagement, et ce, sans distinction aucune.
En effet, si le petit vendeur ambulant ou la pauvre vendeuse de légumes sont sommés de mettre la main à la poche, les fonctionnaires de l’État ne sont pas en reste. Ils sont astreints, malgré leurs maigres salaires-du moins pour l’écrasante majorité d’entre eux-de payer l’ITS, cette aberration fiscale qui les fait souffrir encore davantage.
Ainsi donc, les consommateurs mauritaniens doivent se serrer beaucoup plus la ceinture en 2016, car, en vertu de cette fameuse loi de finances, de nouveaux produits aussi vitaux que le riz, le lait et la viande de poulets, verront une nouvelle majoration fiscale, et ceci pour dit-on appuyer la production nationale.
Bakari Guèye


Le boubou interdit dans les établissements scolaires mauritaniens

noorinfo
Crédit photo:Noorinfo

Le ministère de l’Éducation nationale a transmis il y a quelques jours aux autorités administratives et pédagogiques (Walis, Dren), une circulaire : un message laconique qui interdit aux enseignants et autres personnels d’encadrement dans les établissements scolaires de Mauritanie de porter le fameux boubou durant les heures de travail.
Mais, cette mesure qui fit l’effet d’une bombe demeure encore à ce jour lettre morte. Mis à part de rares nostalgiques de la sape, les intéressés continuent à faire la sourde oreille.
Et, il y a de fortes chances que cette mesure impopulaire puisse être respectée comme semblait se l’imaginer le ministère qui comptait la faire passer comme une lettre à la poste.
C’était en effet compter sans la majorité du corps enseignant qui n’est pas du tout préparé à troquer l’encombrant boubou contre une légère tenue européenne.

Si sur le plan pratique, il n’y a rien à redire sur la justesse de la mesure -le boubou étant certainement l’accoutrement le plus mal approprié pour un enseignant- la procédure suivie par le ministère laisse cependant à désirer.
Comment en effet peut-on se réveiller un beau jour et décréter la fin du port du boubou dans les écoles. Comment penser que des milliers d’enseignants qui n’ont connu que cet habit peuvent se départir de leur boubou du jour.

Ce n’est donc pas un hasard si dans les établissements scolaires, on continue à se pavaner avec le grand boubou, comme si de rien n’était. Rares sont ceux qui se sentent concernés par cette mesure, qui soi dit en passant, a été largement critiquée sur les réseaux sociaux.
Les plus optimistes estiment que la mesure pourrait être acceptée si le ministère décidait l’octroi aux enseignants d’une prime que d’aucuns appellent « prime foukoudiaye ».
Bakari Guèye


Coupures intempestives d’électricité : Les Nouakchottois broient du noir

somelec_1
Crédit photo:Alakhbar

Dans la nuit du jeudi au vendredi, la ville de Nouakchott a été entièrement plongée dans le noir avec une coupure générale de l’électricité qui n’est revenu partiellement qu’au petit matin.

Un jour auparavant, ce sont des zones entières situées dans les banlieues Est et Nord de la capitale qui ont été privées d’électricité pendant près de 24 heures.
Ces coupures à répétition rappellent de tristes souvenirs aux habitants de la capitale qui, au cours de l’été 2008 avaient vécu des cauchemars avec des nuits entières, voire des semaines sans électricité.
Pourtant depuis lors, des étapes importantes ont été franchies avec une croissance exponentielle de l’offre, une croissance malheureusement qui n’allie pas la quantité à la qualité du service.
Cette situation malencontreuse que d’aucuns expliquent par l’opacité de l’attribution des marchés et la mauvaise qualité du matériel porte un tort énorme aux habitants et aux entreprises qui sont les grands perdants dans cette histoire.
Et au moment où la plupart des citoyens portent un doigt accusateur vers les agents de la SOMELEC qui se comportent comme en pays conquis, ladite société est incapable d’honorer ses engagements en assurant la fluidité du service.
Ainsi, l’arrogance et le laisser-aller sont poussés à leur paroxysme au point où, la société ne juge même pas opportun de fournir les moindres explications aux milliers d’abonnés qui contribuent au renflouement de ses caisses.
C’est à croire que la SOMELEC ne dispose même pas d’un service de Communication. En tout cas, il y a lieu de se demander à quoi sert ce service s’il n’est même pas capable de produire un petit communiqué.
Quoi en effet de plus facile et de plus civilisé que de produire à chaque désagrément un petit communiqué pour informer les abonnés qui, dans ce cas de figure pourraient prendre leurs dispositions et tenter d’amoindrir les dégâts.
Ces coupures coûtent en effet des millions d’ouguiyas aux citoyens et aux entreprises qui, si les choses se faisaient dans les règles auraient eu droit, à chaque fois, à des dédommagements.
Bakari Guèye