Bakari GUEYE

Mauritanie/Remaniement ministériel à relents tribal et ethnique

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Le président mauritanien a opéré vendredi dernier un énième remaniement ministériel qui a touché d’importants départements à savoir, le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération qui revient à M. Isselkou Ould Ahmed Izid Bih, un homme du sérail et un proche du président qui dispose d’une certaine expérience acquise dans les gouvernements précédents, une expérience qui devrait lui permettre de poursuivre l’œuvre de son prédecesseur, M.Hamada Meimou, qui n’a pas fait long feu à la tête de la diplomatie et qui se serait heurté lors de son bref passage aux contradictions d’un système pas très orthodoxe.
Autre surprise de taille dans ce remaniement, c’est la fusion des départements de l’Economie et des finances, un méga ministère confié au tonitruant Moctar Ould Djay,qui était jusque-là ministre des finances et dont la politique est basée sur une fiscalité à outrance semble plaire au président de la République qui l’a préféré à son homme de main, M. Ould Raiss. Ce dernier avait une divergence de vue avec M. Djay au sujet des grands dossiers et de la politique économique.
Autre départ longtemps souhaité par l’opinion, celui de l’ex ministre de la Santé M. Ahmedou Ould Hademine Ould Jelvoune, un ministre qui avait montré ses limites avec la gestion chaotiques des épidémies de dengue et de paludisme ainsi que celle de la fièvre de la vallée du Rift qui avaient défrayé la chronique au cours des mois précédents en Mauritanie.
Il a été remplacé à ce poste par le Pr. Kane Boubacar, une nomination bien accueillie par l’opinion.
Deux autres départs sont à signaler. D’abord celui de Sidi Ould Zeine Ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire remplacé par Seyidna Ali Ould Sidi Ould El Jeilany et puis celui de Bâ Ousmane, le ministre de l’Education Nationale remplacé par Isselmou Ould Sid’El Moctar.
Les deux hommes seraient emportés par des affaires de gros sous et de mauvaise gestion.
Ce remaniement a mis en évidence l’approche toujours en vigueur des dosages tribaux et régionaux. En effet tous les ministres relevés de leurs fonctions ont été remplacés par des hommes issus des mêmes ensembles tribaux ou ethniques.
Bakari Guèye


Quelles solutions pour le système éducatif mauritanien ?

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Crédit photo: B.G

Mauritanie Perspectives (MP), think tank indépendant et apolitique à but non lucratif, ambitionne de contribuer au renforcement de l’Etat de droit, à la bonne gouvernance et à la promotion du développement inclusif en Mauritanie. MP s’investit depuis sa création dans la recherche de solutions aux grands problèmes nationaux.
L’éducation suscite un grand intérêt pour ce think tank. A tel point qu’il s’apprête à produire un rapport exhaustif sur le système éducatif. C’est dans ce cadre qu’il a organisé, ce 06 février à l’hôtel Iman de Nouakchott, une journée de réflexion avec pour objet de produire des éléments d’analyse et des recommandations pour améliorer le système éducatif national.
Au cours de cette journée, de hauts responsables du secteur de l’éducation et des dizaines d’experts ont tenté de répondre aux questions suivantes :

– Quelles sont les leçons apprises des différentes réformes du système éducatif ?
– Quel est le rôle et la place du citoyen dans le suivi des politiques de l’éducation ?
– Et enfin, quelles sont les propositions pour l’amélioration du système éducatif ?

Dans son mot d’ouverture, M. Mohameden Ould Bah, président de MP, a indiqué que le but de cette journée était de mettre en exergue les solutions qui seraient de nature à booster notre système éducatif afin de contribuer au développement du pays.
Pour sa part, M. Mohamed Yahya Ould El Eyel, autre responsable de MP, a affirmé que son think tank, avec l’aide des experts (société civile, presse, etc) et des associations de parents d’élèves, était sur le point de publier un rapport sur l’éducation en Mauritanie.

Dans le premier panel consacré aux solutions préconisées et présidé par Mme Tourkia Dadah, celle-ci a mis au pilori les mauvaises habitudes des décideurs de l’éducation, le plus souvent obnubilés par les histoires de budget.
Elle a souligné que ce ne sont pas les compétences qui manquent : c’est un déficit de patriotisme qui est en cause.
A son tour, Mme Moutha, conseillère du Premier ministre, a affirmé que les différentes réformes engagées en Mauritanie ont toutes buté sur la question de la langue. Une analyse partagée par le professeur El Ghassem Ould Ahmedou de l’ENS, qui a quant à lui parlé de « syndrome de la langue ».
Selon M. Ghassem, la Mauritanie compte 3,7 millions d’habitants dont 45% de jeunes de moins de 15 ans, d’où l’importance de relever le défi de l’éducation.
Quant à M. Konaté Cheikh, coordinateur du programme PAZEP, il a insisté sur la nécessité de corriger les disparités et d’instaurer une discrimination positive afin d’élargir l’accès à l’éducation.
Pour Ould El Bou, chargé de mission au ministère de l’éducation, le secret de l’échec des différentes réformes entreprises réside dans le fait que le cycle pédagogique n’a pas été respecté et qu’il n’y a jamais eu d’évaluation pour ces différentes réformes.
Mme Tall Oumoulkheiri, de l’association des parents d’élèves du « Petit Centre », a soutenu que les parents ont le droit de choisir là où leurs enfants vont à l’école. Selon elle, il faut encourager les enfants mauritaniens à parler au moins deux langues.
Pour Bette Mint Cheikh, planificatrice au ministère de l’Education, toutes les études de diagnostic et d’évaluation ont montré que la qualité des cours est en baisse.
Quant à Mme Aichetou, professeur à l’université de Nouakchott, elle a noté que le problème linguistique se pose avec acuité et qu’il a failli déboucher sur une guerre civile.
Pour Mohamed El Béchir Ould Mohamed Salah, responsable suivi-évaluation au Projet Education, le vrai problème par rapport à la politique éducative en Mauritanie, c’est celui de la continuité.
M. Amadou Oumar Dia, inspecteur à la retraite, a affirmé qu’on ne doit pas avoir peur des langues, qui ne sont que des outils. Pour M. Dia, le secteur de l’éducation en Mauritanie est pris en otage par certains groupes.

A l’occasion du second panel, qui traitait du rôle du citoyen dans l’éducation, le représentant de l’association des parents d’élèves a fait le point sur l’historique de son association, dont la création sous l’égide de l’Etat a été dictée par la Banque Mondiale.
M. Bocar de l’association « Pairs Éducateurs » a souligné le manque d’encadrement des APE, pas toujours bien dirigées.
M. Sarr, président d’ONG, a quant à lui déploré l’abandon de l’environnement de l’école. Pour lui, on peut faire beaucoup de choses sans attendre l’intervention de l’Etat.
Pour Ahmed Chabarno, gérant d’une école privée à Nouakchott, on doit porter plus d’attention à nos élèves, de plus en plus influencés par des modèles extérieurs. Il préconise pour ce faire de réintroduire la morale dans les programmes et d’imposer un service militaire pour les élèves de 6ème année du fondamental et de Terminale.
Le professeur Allal résume les maux du système éducatif dans des formules chocs et révélatrices : « centraliser les moyens et décentraliser les problèmes », ou encore : « en Mauritanie, on ne doit pas parler de réforme mais de déforme. »

En résumé, M. Amadou Sall de MP invite au consensus. Pour lui, il convient qu’on sache quelle école nous voulons. Il conviendrait aussi pour M. Sall d’instaurer le principe de redevabilité et d’interpellation afin de pouvoir demander des comptes aux responsables de l’éducation.

Bkari Guèye


Mauritanie : l’opposition hausse le ton

 

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Crédit photo: Tawassoul.mr

Après plusieurs mois de tergiversations et un dialogue politique avec le pouvoir qui tarde à prendre forme, une bonne frange de l’opposition mauritanienne, regroupée au sein du Front National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU), est subitement passée à la vitesse supérieure.
Ce samedi, le FNDU a organisé un méga-meeting à Arafat, un quartier populeux de la capitale, au cours duquel ses principaux ténors se sont succédés à la tribune pour mettre au pilori la politique du gouvernement et fustiger une situation jugée désastreuse par une partie de la population, touchée de plein fouet par la crise économique et la cherté de la vie.

Ainsi, M. Jémil Mansour, leader du parti islamiste Tawassoul, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en déclarant sans ambages que : « les citoyens sont confrontés à la hausse vertigineuse des prix, à la gabegie, à l’insécurité et au chômage qui fait des ravages chez les jeunes et notamment les diplômés chômeurs. » Il n’a pas non plus manqué de dénoncer le refus du gouvernement de baisser le prix des hydrocarbures.

Même son de cloche du vice-président de l’UFP, Mohamed Moustapha Ould Bedredine qui a affirmé que : « le message le plus important que le forum de l’opposition va exprimer aujourd’hui, est de témoigner sa solidarité avec les citoyens face à la flambée vertigineuse des prix, à la propagation de la criminalité et à la recrudescence de l’insécurité. »

Pour Fatimetou Mint Khatri, autre figure du FNDU : « La situation du pays a atteint un tel degré de gravité que nul n’a plus le droit de rester indifférent. » Mme Khatri a invité l’opposition silencieuse au sein de la majorité au pouvoir à prendre ses responsabilités en dénonçant cette situation jugée périlleuse.

Pour sa part, le président du FNDU, M. Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, a déclaré que « la hausse vertigineuse des prix actuellement ne peut guère être justifiée par la situation de l’économie mondiale. Cette hausse est insupportable pour les citoyens et elle ne va pas de pair avec des salaires initialement très bas. » Ould Bouhoubeyni a défendu la nécessité du dialogue, conditionné à l’acceptation de la part du gouvernement de rédiger une réponse écrite pour répondre aux doléances du forum.

Pour Saleh Ould Hanena, président du parti Hatem : « ce n’est pas l’opposition qui bloque les pourparlers. Au contraire, elle attend toujours une réponse écrite du gouvernement à son document. »

Bakari Guèye


Mauritanie/Le dialogue politique toujours en panne !

 

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Crédit photo: Afrique 360

Au niveau de la classe politique, le statut quo prévaut toujours et le dialogue politique qui a fait couler beaucoup d’eau sous les ponts semble être renvoyé pour de bon aux calendes grecques.
Pourtant du côté des différents protagonistes (Pouvoir et Opposition) les déclarations de bonne intention se succèdent mais on ne voit rien de concret. C’est à croire que chacun se plait à se complaire dans une position figée en contre-productive.
Et après les réticences non avouées de certains pans de la majorité, voilà venu le tour des faucons du FNDU, le RFD en l’occurrence qui a le malin plaisir de mettre des bâtons dans les roues du principal bloc de l’opposition qui est actuellement en très mauvaise posture pour ne pas dire au bord de l’implosion.
En effet, depuis quelque temps, on assiste à d’interminables conciliabules, non pas entre le pouvoir et l’opposition mais, ironie du sort au sein même de cette opposition qui semble avoir complètement perdu le Nord.
C’est ainsi qu’il y a quelques jours, on a assisté à un tête à tête apparemment laborieux entre les deux dirigeants du RFD et de Tawassoul, une rencontre destinée à arrondir les angles.
Et ce mardi, c’était au tour d’une délégation du FNDU de rencontrer le vieux leader de l’Alliance Populaire Démocrate(APP), en rupture de ban avec un pouvoir qui ne lui fait pas de cadeau.
Cette délégation de haut rang du FNDU était composée de MM.Saleh Ould Hanana président du parti Hatem et Yahya Ould El Waghef leader du parti Adel.
Le resserrement des liens entre les différentes composantes de l’opposition était à l’ordre jour de ce énième conclave.
Bakari Guèye


Les mauritaniens tirent le diable par la queue

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Crédit photo: Saharamedia

Malgré les déclarations rassurantes des autorités gouvernementales, les mauritaniens font face à une détérioration constante de leurs conditions de vie, et ce depuis quelque temps, une tendance qui s’accentue et qui risque d’atteindre des proportions ingérables si rien n’est fait d’ici là.
En effet, les prix des produits de première nécessité ne cessent de grimper et le panier de la ménagère devient de moins en moins lourd.
Face à cette situation qui ne laisse personne indifférent, des voix s’élèvent de plus en plus pour réclamer des mesures en faveur des consommateurs.
Si du côté de la presse, des réseaux sociaux et de la société civile, on monte régulièrement au créneau pour mettre à nu cette situation, du côté des partis politiques, c’est la passivité à outrance qui l’emportait jusque-là.
Mais les choses semblent bouger. C’est ainsi que le forum national pour l’unité et la démocratie (FNDU), principal bloc de l’opposition envisage dans les jours à venir d’organiser une série de manifestations populaires dans les trois wilayas de Nouakchott.
L’objectif sera de manifester pour dénoncer la vie dure en espérant ramener le pouvoir à de meilleurs sentiments envers ses pauvres citoyens.
Pour sa part, l’Alliance Populaire Progressiste(APP) vient de rendre public un communiqué au vitriol pour mettre le gouvernement devant ses responsabilités.
A en croire cette déclaration : « le projet de budget de 2016 présenté par le gouvernement, dont le principal levier est le recouvrement des taxes et des impôts, visait exclusivement l’amortissement du déficit budgétaire inhérent à la chute des cours des matières premières et du pétrole.
Cet acharnement machiavélique sur les contribuables met en évidence l’incurie du gouvernement se révélant dans son incapacité de planifications prévisionnelles sur la base des rentes minières et pétrolière des années fastes pour anticiper toutes formes de crises d’ordre économique, financier et/ou social. »
Bakari Guèye


Liberté de la presse en Mauritanie : Attention danger !

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Crédit photo:Rapide.info

Des journalistes appartenant à plusieurs institutions de la place feraient l’objet d’une plainte émanant de la direction générale de la SNIM.
Les dits journalistes issus des rédactions du « Quotidien de Nouachott », de « Cridem », de « Mauriweb » et d’ « Atlasinfo » seraient convoqués ce lundi 25 janvier, par le Procureur de la République de Nouadhibou.
Les motifs de cette convocation demeurent obscurs et ces journalistes ne savent même pas qu’est- ce qu’on leur reproche au juste.
Ils ont cependant la particularité d’appartenir presque tous à des rédactions francophones connus pour leur sérieux et leur refus de tremper dans les compromissions érigées en règle pour une certaine presse toujours au garde à vous !
C’est dire que cette convocation, qui n’est d’ailleurs pas la première du genre, constitue un véritable danger pour la liberté de la presse en Mauritanie.
S’il est bien vrai que le secteur se trouve dans un piteux état avec toute l’anarchie que tout le monde connait, les journalistes mauritaniens ont jusque-là eu le privilège de s’exprimer à leur guise sans sentir au-dessus de leurs têtes une quelconque épée de Damoclès.
Malheureusement, tel ne semble plus être le cas et récemment, des informations ont fait état d’instructions provenant du sommet de l’Etat invitant les responsables gouvernementaux à resserrer l’étau autour des journalistes, devenus apparemment de plus en plus gênant avec des articles dénonçant le mauvais état dans lequel se trouve le pays.
Et pourtant, il y a tout juste quelques jours, le Président du Parti de l’Union Pour la République Me Sidi Mohamed Ould Maham qui avait convié en grande pompe les journalistes à un somptueux diner affirmait que « la liberté d’expression et la liberté de presse ainsi que les autres libertés publiques sont considérées comme étant des acquis nationaux irréversibles ».
Et Ould Maham d’ajouter que : « Les orientations des autorités supérieures du pays dirigées par le Président de la République Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, relatives à leur développement , leur protection et leur soutien sont des choix constants, interpellant tous les hommes issus des milieux politiques et médiatiques à les soutenir et à les défendre, en diffusant le caractère sacré de l’information et de la liberté d’expression « .
Mais, il se trouve qu’entre la parole et les actes, il y a un très grand fossé.
Bakari Guèye


Le prix des hydrocarbures provoque un tollé général en Mauritanie

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Crédit photo: Afrique.360

Malgré une baisse vertigineuse du prix du baril, qui continue à dégringoler jour après jour, les Mauritaniens n’ont toujours pas le droit de profiter de cette baisse et continuent de payer le litre à la pompe à un prix exorbitant.
Du côté des autorités, on avance toujours le même argument, selon lequel l’Etat a, par le passé, subventionné les prix du carburant et il faut donc qu’elle honore en sa faveur cette « dette » que le citoyen doit impérativement payer.
Mais, il se trouve que personne en Mauritanie n’est assez dupe pour gober un argument aussi farfelu. De ce fait, des voix de plus en plus insistantes commencent à s’élever pour demander réparation. C’est ainsi qu’au niveau de la blogosphère, on s’active pour prier les autorités de revenir à de meilleurs sentiments. Au niveau des partis politiques, on n’est pas en reste non plus.
La dernière sortie dans ce sens est à mettre sur le compte de l’Union des Forces de Progrès (UFP), qui a rendu public, lundi, un communiqué au vitriol appelant les Mauritaniens à réclamer leurs droits. Le communiqué qui accuse le pouvoir de voler le peuple et l’invite à baisser considérablement les dérivés pétroliers, en s’inspirant de l’exemple du Sénégal voisin, qui a récemment pris une décision allant dans ce sens.
Le communiqué invite l’opposition et toutes les forces vives de la nation à s’emparer de cette revendication et à œuvrer jusqu’à ce que l’objectif soit atteint.
Enfin, il appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire la lumière sur le sort des milliards engrangés par l’État sur le dos des citoyens.
Bakari Guèye


Un érudit mauritanien appelle à l’union des cœurs entre musulmans

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La crise entre l’Arabie Saoudite et l’Iran a atteint son paroxysme avec la rupture déjà consommée des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays frères.
La confrontation entre ces deux géants du monde musulman donne une piteuse image de l’islam, une situation dont il pouvait se passer vu la guerre tous azimuts menée contre lui par l’Occident.
Cette situation regrettable ne laisse pas indifférents tous les gens soucieux de la préservation des valeurs de la dernière religion révélée et de l’unité des musulmans.
C’est dans ce cadre que, l’Imam mauritanien, Abdellahi Ould Beye, a appelé toutes les parties dans les conflits au nom de l’Islam à «déposer » les armes.
L’imam Ould Boya qui avait démissionné de l’Union Internationale des Oulémas pour « s’éloigner de sa politisation », expliquaient à l’époque certaines sources, indique sur sa page Facebook qu’il en appelle à faire prévaloir la paix entre musulmans du monde et appelle à mettre un terme «à ces guerres folles» qui alimentent les médias et auxquelles personnes n’a d’intérêt.
Cheikh Ould Boya exhorte toutes les parties aux différents conflits « d’abdiquer au nom d’Allah» et à consacrer leurs énergies à l’éducation et à la reconstruction.
Cet appel a le mérite d’appeler à la raison tous ceux qui portent préjudice à l’islam qui est la religion de la paix par excellence.
Malheureusement les divergences politiques et confessionnelles sont si fortes qu’il va falloir déployer beaucoup d’efforts pour amener les musulmans à resserrer les rangs pour défendre leur religion qui est assiégée de toutes parts.
Bakari Guèye


Fermeture des « mahadras » en Mauritanie : une décision qui fâche

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Crédit photo:Forumuslim

Sous prétexte de régulariser leurs situations, les autorités mauritaniennes ont décidé, il y a quelques semaines, de fermer des dizaines de « mahadras » (des écoles coraniques) et autres instituts islamiques. Cette décision, qui est loin d’être du goût de tout le monde, a soulevé un tollé au sein de l’opinion publique. Il y a eu également une véritable passe d’armes entre les oulémas au pouvoir et ceux de l’opposition, par médias interposés.
Cette guerre médiatique va crescendo et l’on se demande où cela peut mener.
Quoi qu’il en soit, ce sont des milliers d’étudiants qui se voient bloqués dans leur volonté  d’acquérir les enseignements du Saint Coran. Jusqu’à quand ?
La question reste posée. Pour les autorités de tutelle, les « mahadras » concernées doivent s’aligner sur les critères en vigueur.
Mais, pour le commun des Mauritaniens, on n’a pas besoin d’un récépissé pour enseigner le Coran : c’est un devoir et un honneur pour tout un chacun.
Dans un contexte marqué par une montée en flèche des extrémismes, les autorités répondent au bruit des sirènes venant de tous les coins du monde. Elles semblent décidées à avoir un droit de regard sur tout ce qui se passe et qui se trame au sein de ces hauts lieux du savoir. Ces derniers peuvent aussi constituer, il est vrai, des terreaux pour le terrorisme.
Cette fermeture des « mahadras » s’est fait sentir notamment dans les régions de Hodh El Gharbi et Hodh Ech Chargui. Celles-ci ont payé le plus lourd tribut, ce qui a fait beaucoup de mécontents et a déchaîné les passions.
Il n’est donc pas exclu que le président Mohamed Ould Abdel Aziz intervienne en personne pour désamorcer cette bombe.
Bakari Guèye


Evasion d’un salafiste à Nouakchott: la menace terroriste persiste

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Crédit photo:ANI

L’année 2016 commence mal pour les forces de sécurité mauritaniennes qui ont laissé passer entre les mailles du filet le sieur Cheikh Ould Salek, un dangereux prisonnier salafiste arrêté en 2011 et condamné à mort.
L’homme faisait partie d’un commando envoyé par AQMI à Nouakchott avec pour objectif entre autres l’élimination du président mauritanien.
Le véhicule bourré d’explosif destiné à cet effet avait été détruit par un tir de roquette RPG par des éléments de la garde présidentielle parti à sa rencontre quelque part au Sud du département de Riyad, à l’entrée de la capitale.
A en croire une source sécuritaire au niveau de la prison centrale de Nouakchott le fugitif, Cheikh Ould Saleck, a été vu la dernière fois par ses amis de prison jeudi dans la mi-journée. Son absence à la prière (collective) du soir a alerté ses co-prisonniers salafistes qui sont allés le chercher, trouvant sa cellule verrouillée. »
La disparition de ce prisonnier « dangereux » considéré à juste titre comme l’un des ennemis publics les plus redoutables posent plusieurs questions.
Comment cette évasion peut-elle être possible quant on sait le degré de vigilance et les mesures draconiennes imposées aux locataires de cette prison?
Y a-t-il eu des complicités au sein des gardiens? Et ce drapeau d’AQMI qu’on aurait retrouvé dans la cellule du salafiste comment a-t-il pu atterrir là?
Des questions auxquelles devraient répondre les enquêteurs chargés du dossier.
A noter que dans cette prison on compterait encore près d’une trentaine de jihadistes, dont certains condamnés à la peine capitale.
Quoiqu’il en soit, on voit bien que malgré les efforts accomplis, la menace terroriste persiste encore en Mauritanie.
Bakari Guèye