Bakari GUEYE

Mauritanie/Loi de Finances rectificative 2015 : Le ministre copieusement savonné par les députés de l’opposition

 

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Crédit photo:Rimweb

A l’occasion de son récent passage devant les députés pour présenter le projet de loi de Finances rectificative 2015, le ministre des finances a passé de mauvais moments devant des députés de l’opposition, très remonté contre les contre performances du gouvernement et la mauvaise gestion des affaires publiques.
Au cours de son exposé, le ministre a énuméré les différents points entrant dans le cadre de l’élaboration de cette loi, à savoir : le relèvement du taux de la TVA, la modification de la base de taxation au droit fiscal à l’importation (DFI) pour les produits pétroliers et la majoration des tarifs de la taxe de consommation de ces produits, l’ajustement à la hausse du taux du droit fiscal à l’importation du riz, l’enregistrement des recettes encaissées au titre du renouvellement des licences des télécommunications, la régularisation du don budgétaire reçu du Royaume d’Arabie Saoudite et enfin l’enregistrement de l’appui budgétaire destiné à la réforme des finances publiques attendu de l’Union européenne.
Et pourtant, malgré toutes les ressources dont dispose le pays, cette loi s’appuie essentiellement sur les recettes générées par les impôts sous lesquels croupissent la majorité des mauritaniens, furent-ils les plus pauvres.
Ce qui d’ailleurs n’a pas échappé à la plupart des intervenants et l’un d’entre eux n’a pas hésité à qualifier l’équipe au pouvoir de « gouvernement fiscal ».
Des députés ont critiqué la nomenclature du budget qui ne répond pas aux critères de la bonne gouvernance. D’autres se sont émus des ponctions très importantes observées dans les enveloppes allouées à des départements aussi sensibles que celui naissant de l’Élevage, celui de l’habitat ainsi que le Commissariat à la Sécurité Alimentaire.
Quoiqu’il en soit, cette loi de finances rectificative, ne reflète guère la bonne santé de l’économie nationale que les responsables du pays mettent en avant à toutes les occasions.
Bakari Guèye

 


Mauritanie/Dialogue politique : Volte-face de la Présidence de la République

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Crédit photo:Alakhbar

Au lendemain des conférences de presse organisées respectivement par le Forum national pour la démocratie et l’Unité (FNDU) et les partis de la coalition de la majorité présidentielle, qui se sont rejetés la responsabilité de l’échec du dialogue, la présidence de la République a pris l’initiative d’inviter toutes les parties-ou certaines d’entre elles-à un nouveau dialogue politique dont la date a été fixée au lundi 7 septembre prochain.
Des lettres d’invitation ont ainsi été expédiées par le ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République, à une trentaine de formations politiques, aussi bien de l’opposition que de la majorité.
La réaction du FNDU ne s’est pas fait attendre et, suite à une réunion tenue vendredi dans les locaux du parti Convergence Nationale Démocratique, l’ensemble des membres de la coalition ont rejeté en bloc l’invitation du pouvoir jugée sans intérêt et intervenant à moment défavorable.
Le FNDU accuse le pouvoir en place de continuer à minimiser la classe politique nationale et à fermer les yeux devant la situation actuelle du pays qui mérite beaucoup plus de sérieux.
Selon des responsables de l’opposition préférant garder l’anonymat ; « cette invitation est un non événement et manque de sérieux même au plan de la forme car il s’agit du même formulaire adressée à tous et ne portant même pas l’entête de la Présidence de la République. »
Ils estiment par ailleurs que c’est une tentative d’enterrer le dialogue qui était en cours et de diviser le FNDU.
Quoiqu’il en soit, ce revirement somme toute spectaculaire du pouvoir suscite bien des interrogations.
Comment en effet, se réveiller un beau jour et décider unilatéralement de convoquer un nouveau dialogue, alors que celui en cours ne demande qu’à être relancé. Vouloir tout jeter à l’eau et recommencer à zéro n’est-ce pas une perte de temps inutile ?
La fermeté du FNDU a apparemment donné du fil à retordre à un pouvoir exacerbé par la détermination de cette coalition intransigeante et devenue trop gênante.
En effet, le pouvoir a son agenda qu’il tient à faire passer coûte que coûte. La question des amendements constitutionnels et du forcing envisagé pour décrocher un 3ème mandat présidentiel demeurent toujours à l’ordre du jour, et le temps presse.
Il va falloir donc foncer tête baissé quitte à tout détruire sur son passage, s’aliénant du coup le partenariat de la principale force de l’opposition.
En tout cas le FNDU semble bien flairer le piège d’où la célérité de sa réponse.
Mais, toujours est-il, qu’une désagrégation de cette coalition n’est pas à exclure et c’est peut-être même sur cela que le camp du président Aziz mise le plus.
Seulement, il va falloir pouvoir composer avec tous les cas de figure car, il n’est pas non plus exclu que l’unité au sein du FNDU fausse tous les calculs.
Reste à savoir comment le pouvoir va s’y prendre pour faire cavalier seul. Il n’est pas exclu qu’il va, comme d’habitude, prendre le soin de s’entourer de petites formations satellitaires, au garde-à-vous, qui lui permettront le moment venu de les brandir comme caution pour tout ce qu’il envisagera d’entreprendre, y compris une modification de la constitution qui permettra au président Mohamed Ould Abdel Aziz de briguer un 3ème mandat.
Bakari Guèye


Mauritanie : s’achemine-t-on vers un tripatouillage de la Constitution ?

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Crédit photo:ZC

En Mauritanie, le second et en principe dernier mandat du président Mohamed Ould Abdel Aziz s’achemine à vitesse grand V vers son épilogue.
Et l’homme, comme tout « bon » président africain a, dit-on dans son entourage, de grands projets pour son pays, des projets dont beaucoup sont en chantier et qu’il conviendrait donc de finir. De ce fait, une petite prolongation s’avère indispensable.
Donc, logiquement, on s’achemine inéluctablement vers une modification de la Constitution, un réaménagement indispensable pour avaliser cette décision.
Mais, avant d’en arriver là, il y a tout un processus qui a déjà commencé en coulisses.
Et ce n’est pas du tout un hasard si le pouvoir a tourné le dos au dialogue, notamment depuis qu’une bonne frange de l’opposition a fermé la porte devant toute éventualité de réviser la Constitution.
Ainsi, le régime en place a décidé de faire cavalier seul.
Le projet qui n’est plus qu’un secret de polichinelle, a été déjà mûrement réfléchi et, à l’occasion des dernières visites présidentielles à l’intérieur du pays, des ballons d’essai avaient été lancés ça et là.
En effet, dans toutes les régions visitées, des troubadours triés sur le volet, se sont présentés devant le président Ould Abdel Aziz pour lui demander de se représenter,car de leur point de vue, il était l’homme de la situation.
Ce premier test semble être passé comme une lettre à la poste et actuellement, on s’apprêterait à passer à la vitesse supérieure.
Aux dernières nouvelles, une cellule composée d’officiers supérieurs et de politiciens s’activerait actuellement pour mettre au point une stratégie visant à faire avaler la pilule.
Et, vu la docilité du peuple mauritanien et l’impuissance d’une opposition dispersée en mille morceaux et habituée à avaler des couleuvres, ce projet a priori antidémocratique devrait facilement passer.
Reste à savoir quelle serait l’attitude de la communauté internationale, de plus en plus regardante sur les velléités de s’éterniser au pouvoir des potentats africains.
On l’a vu en effet, avec la dernière tournée du président américain en Afrique de l’Est. Dans son discours au siège de l’Union africaine, Barack Obama n’y est pas allé de main morte, en mettant en garde les présidents africains -et ils sont nombreux- qui nourrissent l’intention, peu glorieuse du reste, de modifier la Constitution de leur pays pour rester aux commandes.
Bakari Guèye


Kinross Tasiast a-t-elle acheté le silence du gouvernement mauritanien ?

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Crédit photo : NI

Depuis son arrivée en Mauritanie où elle exploite le gisement aurifère de Tasiast, 3e mine d’or du monde dit-on, située au nord du pays, l’entreprise canadienne Kinross, par le biais de sa filiale, « Tasiast-Mauritanie », se comporte comme en territoire conquis.
En effet, non seulement l’extraction du métal précieux se fait dans des conditions exécrables avec l’usage de produits aussi nocifs que le plomb et le cyanure, avec tous les dangers que cela comporte pour des employés traités comme du bétail, mais la société est régie par une réglementation opaque qui en fait le terreau de pratiques peu orthodoxes.

Le pouvoir qui dès le départ a placé ses hommes au sein de la société profite grandement de ses largesses, et ce, en plus des maigres subsides que celle-ci verse au Trésor public mauritanien.
C’est ainsi que la société est curieusement le reflet de pratiques népotiques et peu orthodoxes, exactement à l’image de ce qui se passe dans l’administration mauritanienne.

Des « entrepreneurs » tombés du ciel et des « cadres » sans aucun bagage ont de ce fait, par la grâce des bras longs gravis tous les échelons, en un clin d’œil, et se sont remplis les poches.
Parallèlement à ce favoritisme chapeauté par l’administration de Kinross, complètement tropicalisée, la plupart des employés, les vrais, les plus exposés, ceux qui font la prospérité de la société sont foncièrement maltraités et ont du mal à recouvrer leurs droits.

C’est ainsi qu’en décembre 2013, lorsque la société a subitement décidé, sans préavis de mettre à la porte près de 300 travailleurs, le gouvernement n’a pas bronché, mis à part quelques gesticulations stériles, qui ont révélé au grand jour sa complicité avec la société.
Et voilà que Kinross s’apprête à récidiver, mettant en avant le même justificatif qu’en 2013, c’est-à-dire, la chute du prix de l’or.

Et, il fallait s’y attendre, la première phase du dégraissage, s’étant passé sans coup férir, les responsables de la société enhardis par l’attitude complaisante du gouvernement reviennent à la charge au grand dam des pauvres employés qui ne demandent pas plus que de conserver leur boulot.
Et, pourtant Tasiat-Mauritanie avait annoncé tambour battant, dans son plan de développement, la création de 6 000 emplois, ce qui bien entendu ne semble être qu’un chiffre destiné à la consommation de l’opinion publique nationale.
Bakari Guèye


Mauritanie : l’exclusion, un mauvais service pour l’unité nationale

 

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Crédit photo:RI

Il y a eu d’abord le RAG de Birame Ould Dah Abeid, enfant terrible de la communauté « haratine », voilà venu le tour des FPC, un parti d’obédience négro-africaine, de se voir rejeté. La tentative d’exclusion de la vie politique nationale de quelques couches sociales, dont les leaders ne sont pas en odeur de sainteté auprès des autorités, est un mauvais service pour l’unité nationale.

Après quelque 30 ans d’exil, les Flam (Forces de libération africaine de Mauritanie) ont retrouvé la Mauritanie. Dès leur arrivée, les membres les plus modérés se sont mués en parti politique : les FPC (Les Forces progressistes du changement), une formation politique qui n’a pas été agréée par le ministère de l’Intérieur. Les FPC n’arrivent pas à inspirer confiance et restent toujours victimes de l’étiquette de parias et de traîtres que le régime dictatorial de Ould Taya est arrivé si bien à leur coller à la peau. Ainsi, aux yeux de l’opinion maure qui a été savamment conditionnée pour cela, ces gens « à la mauritanité douteuse » ne sont que de dangereux séparatistes, des semeurs de troubles qu’il conviendrait d’éviter comme la peste. Ce discours passe assez bien au sein d’une opinion gangrénée par le chauvinisme et qui est encore loin d’être prête à accepter de donner droit de cité à ses frères négro-africains.

Ce n’est donc pas un hasard si, aussi bien du côté du pouvoir qui refuse d’accorder un récépissé aux FPC que du côté de l’opinion arabe et même du côté de l’intelligentsia de cette communauté, on se complait à confiner ces frères dans leur retranchement; voire à les diaboliser.
Et malheureusement, même la presse arabophone joue ce jeu perfide, et à l’occasion du premier meeting politique du FPC qui était initialement prévu le 2 août, un site se prenant très au sérieux, n’a pas hésité de titrer pompeusement « Préparatifs politiques pour le lancement de la première manifestation demandant la sécession du Sud ». C’est tout simplement hallucinant.

On avait crié à la volonté de partition du pays

Cette volonté d’exclusion fut largement exprimée lorsque, à l’occasion du 1er congrès du mouvement, M. Thiam avait dévoilé son projet d’autonomie. Il s’agit selon lui, « d’une réorganisation territoriale et administrative plus adaptée à la réalité socioculturelle, ethnique et tribale de la Mauritanie. Celle-ci épousant ainsi une donne humaine, ethnique, culturelle et sociale conforme au vécu sur le terrain. Le projet d’autonomie permettrait de forger patiemment et progressivement une nouvelle mentalité plus respectueuse des valeurs citoyennes ».
Là aussi personne n’a essayé de comprendre et on avait crié à la volonté de partition du pays, ce qui bien entendu n’est nullement prévu par ce projet.
Notons que, c’est l’absence de justice et d’égalité des Mauritaniens face à l’autorité de l’Etat qui ont été à l’origine de la création des Flam en mars 1983.

Cette donne demeure toujours d’actualité et les membres des Flam, un moment tentés par la lutte armée, ont définitivement enterré la hache de guerre et sont rentrés au pays pour participer à la compétition politique. C’est leur plein droit, et il est du devoir des autorités mauritaniennes et de l’opinion publique de leur ouvrir les bras pour leur permettre de contribuer à la gestation de l’unité nationale.
Bakari Guèye


Des précipitations à Nouakchott : Un casse-tête pour les habitants

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Crédit photo:B.G

Les précipitations qui se sont abattues sur Nouakchott dans la nuit du samedi au dimanche et qui se sont poursuivies dans la matinée et ce jusqu’à la mi-journée ont comme à l’accoutumé créé pas mal de déboires pour les habitants.
Au centre ville, l’inondation était totale aux premières heures et des zones telle que celle qui abrite la présidence et certains ministères étaient sous les eaux.
Sur l’avenue Nasser, principale artère de la capitale, la circulation était complètement ralentie et il aura fallu l’intervention du service chargé de l’assainissement pour desserrer l’étau autour de cette zone névralgique.
Dans les autres départements de la capitale, la situation était beaucoup plus critique et les populations qui ne bénéficiaient pas du même traitement que ceux du centre ville avaient maille à partir avec des eaux qui débordaient de partout.
Cette situation a eu un impact certain sur la fluidité du trafic et les activités dans les marchés où les espaces généralement occupées par les petits commerçants ont été totalement ou partiellement inondées.
Dans certains quartiers comme celui de Leghreiga, des familles entières ont vécu un véritable calvaire en passant la nuit à changer de place dans leurs modestes logis et à déplacer leurs bagages d’un coin à l’autre pour éviter les gouttes de pluie qui s’échappaient de toits défectueux.
Les piétons n’étaient pas non plus gâtés et ils pataugeaient dans la boue pour se rendre à leur lieu de travail avec en prime les eaux sales qui les éclaboussent du fait d’automobilistes indisciplinés.
Par ailleurs, l’on signale ici et là des courts circuits électriques ayant occasionné la rupture du courant dans certains quartiers.
A Zaatar, un âne traquant une charrette a été électrocuté. Son propriétaire qui a échappé de justesse au drame a survécu par miracle.
La grande préoccupation des Nouakchottois actuellement est d’empêcher leurs enfants, en cette période de vacances, de prendre les mares nauséabondes ainsi constituées pour des piscines.
Ce genre de marigots constitue un formidable vecteur de transmission et de prolifération des maladies et d’épidémies .Les larves de l’anophèle et autres bestioles nuisibles y trouveront un excellent endroit de reproduction.
Face à cette première pluie de l’hivernage qui commence, les moyens déployés par l’Etat pour faire face aux inondations dans la capitale semblent bien dérisoires, au vu de l’immensité des tâches à accomplir. C’est dire qu’il va falloir beaucoup plus que les quelques citernes de l’Office National de l’Assainissement et dont le champ d’action se limite au centre ville.
Donc, en dépit des efforts consentis par l’administration, il va falloir redoubler d’efforts car la tache est immense compte tenu du volume de l’eau présent à chaque fois sur toute l’étendue de la ville de Nouakchott.
C’est dire qu’il est plus que urgent que les autorités appuient sur l’accélérateur pour concrétiser le projet tant attendu pour assurer l’évacuation des eaux de la capitale, un projet financé à hauteur de 5 milliards d’ouguiyas par la Chine populaire. L’accord a été signé en janvier 2014.Malheureusement, le projet tarde à prendre forme.
Bakari Guèye


Mauritanie : le non à la reconnaissance des FPC

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Crédit photo:B.G

Le ministère de l’Intérieur vient de signifier aux dirigeants des Forces progressistes pour le changement (FPC) le rejet de leur parti qui avait sollicité depuis quelques mois une reconnaissance officielle.
Au cours d’une conférence de presse organisée mercredi 5 août au siège des FPC, le président du parti Samba Thiam a dénoncé cette décision jugée « arbitraire et illégale »
Selon lui, « Le gouvernement à travers le rejet de notre dossier est dans l’illégalité totale, tant sur le plan de la procédure qu’au niveau des raisons invoquées, qui ne reposent sur aucun fondement sérieux. »
Pour M. Thiam, la décision du ministère est illégale pour 3 raisons : « D’abord par la procédure. La loi donne 2 mois à l’administration après le dépôt de candidature pour se prononcer sur le fond (recevabilité ou conformité avec la loi), chose que nous a confirmée le directeur adjoint des affaires publiques en personne, lors de la décharge du dossier. Voilà que le ministère ne répond que 8 mois plus tard.
Deuxième grief avancé par le président des FPC : « Les raisons invoquées par le ministre, pour justifier le rejet : ces raisons ne s’appliquent absolument pas à nous, au regard de notre orientation de politique générale contenue dans le dossier, et de notre discours qui a toujours plaidé pour l’unité nationale, mais pour une unité recadrée… »
Troisième élément de contestation, les articles 11 de la Constitution et 6 de la loi 91-024 concernant la création des partis politiques et sur lesquels le ministère affirme s’être appuyé pour rejeter le parti.
L’article 11 rejette tout parti qui peut par son objet ou son action porter atteinte à la souveraineté nationale, à l’intégrité territoriale, à l’unité de la nation et de la République.
Pour M. Thiam, sa formation ne pourrait en aucun cas tomber sous le coup de cet article ; et encore moins sous le coup de celui de la loi 91-024 qui dit que : « Aucun parti ou groupement politique ne peut s’identifier à une race, à une région, à une tribu, à un sexe ou à une confrérie. »
Le conférencier a par ailleurs souligné que : «L’ordonnance en question est de type déclaratif, mais le ministère de l’Intérieur s’entête à conditionner l’existence légale de tout parti à la délivrance de récépissé, non requis par la loi. »
En conclusion, le président des FPC a déclaré : « Nous contestons cette décision injuste, arbitraire du pouvoir qui nous frappe, à travers un général qui cherche à perpétuer un système discriminatoire, inique. Nous allons donc la combattre de toutes nos forces. Nous ne renoncerons pas à nos droits. »
Il a enfin lancé un appel « à toutes les forces vives, aux partis politiques progressistes, aux compatriotes arabo-berbères honnêtes, hostiles à l’arbitraire. »
La guerre est donc ouverte entre le pouvoir et les FPC.
Bakari Guèye


Mauritanie /Bac 2015 : Légère amélioration du taux d’admission

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Le bac 2015 qui a déjà fait couler beaucoup d’encre, continue à faire parler de lui. En effet, après une première session catastrophique, avec environ 3000 admis sur près de 40000 candidats, les résultats de la 2ème session qui viennent de tomber pourraient faire figure de maigre consolation.
En effet, près de 80% des candidats ont été déclarés admissibles. C’est à croire que nos chers candidats qui ont montré leurs limites lors du premier round, se sont subitement transformés en génies. Voilà en tout cas une énième anomalie de la trempe de celles dont le ministère de l’Education a le secret.
Quoiqu’il en soit, on se retrouve au finish avec un taux général d’admission qui frise les 15%, ce qui est loin de faire le poids devant des taux de 80%, en France ou même 40% au Sénégal voisin.
C’est dire que ces résultats sont complètement décevants dans un contexte marqué par une volonté affichée des pouvoirs publics d’apporter des améliorations qualitatives au système éducatif.
Ces résultats sont également enregistrés au cours de l’année 2015, proclamée par le président de la République, « année de l’enseignement ».
Malheureusement, il s’avère que les choses sont loin de se décanter et le ministère de l’Education Nationale a toujours du pain sur la planche.
Ainsi, face à cet échec cuisant et à cette pagaille observée dans l’organisation des examens et notamment le bac, des leçons doivent être tirées afin de mieux rectifier le tir à l’avenir.
Bakari Guèye


Mauritanie : l’état de droit en question

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L’hôtel Iman de Nouakchott a abrité mercredi dernier une nouvelle rencontre organisée par « Mauritanie Perspectives » (MP), un cercle de réflexion et d’échange, constitué de cadres dont l’objectif est d’ancrer l’état de droit en Mauritanie.
L’association n’en est pas à son coup d’essai. Elle a déjà organisé un certain nombre de réflexions couvrant des thèmes divers allant de l’éducation à l’unité nationale qui fut l’objet d’une série de rencontres dont celle-ci, consacrée à l’état de droit, les institutions, la justice, les administrations et le contrôle citoyen de l’action publique … en lien avec l’unité nationale et la cohésion sociale.
Des chercheurs, universitaires, syndicalistes, des artistes, des hommes politiques des anciens cadres de la haute administration… ont pris part à ce débat.

En ouverture, le modérateur de séance, Mohameden Ould Bah Hamed a tout d’abord fait le point sur le parcours de MP avant de présenter la thématique du jour, invitant les intervenants à faire des propositions concrètes concernant les leviers sur lesquels nous pouvons agir (institutions, justice, partenariat entre l’État et les organisations de la société civile) afin de renforcer notre unité nationale.

Intervenant à ce sujet, Moktar Ould Haye, ancien ministre a affirmé sans ambages : « En Mauritanie, les textes sont parfaits ainsi que l’administration, les recrutements, mais en réalité, les institutions ne fonctionnent pas. Donc, le problème, c’est comment faire fonctionner les institutions ».

Didi Ould Salek, président du centre maghrébin d’études stratégiques, a enfoncé le clou, soutenant que : « L’état de droit n’existe que dans la forme. Il y a une prédominance de l’exécutif. Il y a absence de culture de l’État citoyen, de séparation des pouvoirs, de justice indépendante. Le citoyen doit savoir que l’État n’est pas la propriété d’une personne. Actuellement, le citoyen ne peut imaginer mener la moindre action sans chercher une intervention, des bras longs.
Plus graves encore, les nominations n’obéissent à aucun critère objectif. C’est ainsi qu’il existe des domestiques, des chauffeurs, qui sont présidents de conseils d’administration.
Autre point important, c’est la nécessité pour les Mauritaniens de vivre ensemble. Avant l’indépendance, Il n’y avait pas de conflit de races, d’ethnies. Le problème aujourd’hui est politique. Il faut œuvrer pour la cohabitation. »

Isselmou Ould Abdel Kader, ancien gouverneur et ancien ministre a noté que : « De 1960 à 1978, le principe de la souveraineté du droit était respecté, mais à partir d’une certaine date, l’État a été instrumentalisé par des groupes civils et politiques à travers leurs répondants au sein de l’armée. Et à partir d’un moment, l’État est devenu un instrument d’enrichissement. Il n’y a plus de fonction publique et le fonctionnaire n’existe plus et c’est là un élément important dans le processus de destruction de l’Etat. »
Ould Abdel Kader souligne qu’il y a une Mauritanie qui évolue à une double vitesse. Ainsi, dans la vallée du fleuve 90 % des richesses sont entre les mains de quelques familles maures. Cette disparité crée les conflits. En conclusion, Ould Abdel Kader rapelle : « Il y a déjà eu deux occasions de refonder la Mauritanie. En 1958 avec le Congrès d’Aleg et en 1974 avec le Festival national de la jeunesse. » Pour lui actuellement, on a besoin d’un débat national du genre. 

De l’avis de Samory Ould Beye, président de la CLTM (organisation syndicale), le problème majeur réside dans la gestion des affaires de l’État. Depuis la naissance de l’État mauritanien, il y a eu accaparement de toutes les richesses par un seul groupe qui a instauré une culture basée sur le tribalisme.  « Il faut donc tenir un atelier national regroupant des spécialistes qui vont débattre de tous les problèmes du pays et produire un document qui permettra la mise en œuvre d’une feuille de route basée sur l’ensemble des questions posées. »

Au cours de son intervention, le Dr Zahra Fall Malik a insisté sur les problèmes posés par le système éducatif de base qui occasionne plusieurs formes d’exclusion qui touchent tout le monde. c’est pourquoi : « Il convient d’injecter de gros moyens dans le système éducatif pour donner à tout le monde la chance de s’instruire ».

Siniya Mint Sidi Heiba ancienne ministre épingle elle aussi le système éducatif à la base de tous les problèmes : « Nous avons deux sociétés, l’une instruite et l’autre, majoritaire, est pauvre et sans éducation. C’est pourquoi, il faut instaurer une discrimination positive préconise l’ancienne ministre qui souligne également l’absence totale de normes : résultat, chaque Mauritanien considère qu’il peut occuper n’importe quel poste ».

Mohamed Ould R’Zeizim, ancien ministre, estime quant à lui  : « Pour asseoir un état de droit, il faut mettre en place une administration qui respecte le droit et établir un système de fonctionnement et de promotions viable basé sur les compétences et l’expérience et non sur le tribalisme, le racisme… Si on a des présidents de conseils d’administration qui sont chauffeurs, c’est qu’on veut que tous soyons représentés. Mais, dans une administration où les directeurs, les secrétaires généraux et tous les responsables sont recrutés dans la rue, ça ne peut pas marcher. Il faut nécessairement mettre un terme à ces nominations ridicules ».

Cheikh Ould Jidou, assistant technique de l’Union européenne fait observer :  « Actuellement, il y a 3 textes en contradiction totale avec les critères de l’état de droit. D’abord la loi des associations qui date de 1964. Et jusqu’à 2015, on maintient le régime du récépissé au lieu du système déclaratif. Le deuxième texte concerne l’assistance judiciaire. Il y a eu une ordonnance promulguée en 2006 et qui n’a jamais été mise en œuvre. Autre anomalie, elle concerne le corps des magistrats qui est arabisé à 100 % et qui constitue le cancer pour la justice en Mauritanie. Le corps est composé de beaucoup de gens qui ne sont pas à la hauteur et on refuse de l’ouvrir aux profs de droits, aux avocats et autres ».

« Dans un pays où toute l’économie est contrôlée par les Arabo-Berbères, la priorité pour Samba Thiam, président des Forces progressistes pour le changement (FPC) c’est d’abord de régler les problèmes de l’injustice avant de passer à autre chose ».

Et l’artiste Tahra Mint Hembara de déplorer qu’à l’ère de la mondialisation, les questions tribales parasitent la Mauritanie.

Bakari Guèye


En Mauritanie, les Forces progessistes du changement haussent le ton

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Crédit photo:B.G

Les Forces progressistes du changement (FPC) sont décidées de passer à l’action politique sur le terrain. Ce parti politique issu des FLAM attend depuis près d’un an un récépissé après un dossier « en bonne et due forme » déposé au ministère de l’Intérieur.
C’est ainsi qu’au cours d’une conférence de presse tenue mardi dans leur siège à Basra, Samba Thiam, le président du parti a annoncé l’organisation le 2 août prochain d’un meeting politique à Sebkha.
Selon M. Thiam, ni le préfet de Sebkha, ni le wali de Nouakchott qui le coiffe n’ont voulu recevoir la demande ayant trait à la tenue de ladite manifestation.
Si les deux responsables reconnaissent la régularité de la demande, ils invoquent des ordres venus d’en haut pour ne pas l’avaliser par écrit.
Revenant sur l’épineux problème de la reconnaissance du parti, M. Thiam rappelle : « Après notre congrès d’août 2014, un dossier de reconnaissance, constitué en conformité avec les règles et procédures légales en vigueur, avait été déposé le 28 octobre 2014 au ministère de l’Intérieur. La loi, après dépôt, accorde deux mois à l’administration saisie, pour examiner la régularité du dossier. Nous n’avons cessé à travers les correspondances répétées (5 au total), de le rappeler à l’attention du ministère de l’Intérieur ; ces correspondances sont demeurées sans suite.
Par ailleurs, de l’avis même des experts, cette loi régissant la création des partis politiques est du type déclaratif. »
De ce fait, les FPC se considèrent dorénavant comme un parti politique à part entière jouissant de toute la légalité requise.
Le parti considère donc qu’il est temps de se mettre au charbon car : « D’octobre 2014 à juillet 2015, cela fait 9 mois ! Nous avons donc fait manifestement preuve de retenue et de patience, pour être soucieux de la préservation de la paix et de la stabilité du pays. Nous déclarons ici, à compter d’aujourd’hui, notre détermination à poursuivre, pleinement nos activités, liées à la vie normale de toute formation politique. »
Autre argument de taille derrière lequel s’abrite le FPC pour passer à l’action : « Aux dires du directeur des libertés publiques et des affaires politiques au ministère de l’Intérieur : après le dépôt de demande d’autorisation, un parti politique peut mener ses activités politiques, s’il n’est pas l’objet d’une plainte. »
Les FPC se déclarent ainsi décidés à mener leurs activités au grand jour avec pour débuter ce meeting du 2 août. Une tournée est également prévue à l’intérieur du pays, en commençant par Nouadhibou.
Dans sa conférence de presse, le président des FPC a abordé d’autres questions d’actualité. D’abord la mort dans les geôles de la police de Abderrahmane Diallo, dont le corps portait des stigmates de maltraitance. C’est là un grand paradoxe pour M. Thiam car, au moment où la Mauritanie ratifie des conventions sur la torture, des citoyens innocents sont victimes de torture. Les FPC demandent l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur cette affaire.
Autre question abordée, celle de la détention des dirigeants de l’IRA : « Les FPC dénoncent, avec force, la situation de non-droit dans laquelle sont confinés ces détenus : ni jugés, ni relaxés. Il faut mettre fin à cette situation de non-droit, inadmissible ! Nous appelons à ce sujet une pétition, soit du barreau national, soit de l’opposition en général. »
Dernier sujet abordé, « le cas des Dames de Thiambène, qui repose avec acuité la question des terres de la vallée du fleuve, spoliation qui ne peut plus être occultée ou différée, sans danger… »
En conclusion, les FPC sont décidés à braver tous les risques, à quitter leur siège dans lequel ils étaient jusque-là confinés pour descendre sur le terrain de l’arène politique.

 

* L’IRA : l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie
Bakari Guèye