Bakari GUEYE

Conférence de presse du président mauritanien : Du déjà vu !

Aziz seneplusCrédit: Seneplus

Le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz qui venait de rentrer d’un long périple qui l’a mené dans la plupart des localités des deux Hodhs(régions situés à l’Est du pays) ,a tenu jeudi dernier une conférence de presse qui est loin d’avoir tenu toutes ses promesses.

Visiblement fatigué et pas très à l’aise, le président prit un piètre départ ratant du coup son entrée en matière face aux journalistes, sélectionnés comme d’habitude sur on ne sait quels critères.
C’est ainsi qu’après une chaude altercation qui l’a mis aux prises avec M. Wedia, directeur du journal arabophone Essirage et de la chaine de télévision El Mourabitoune, le président Aziz qui était entré dans une colère noire allant jusqu’à demander l’interruption de la retransmission en direct de l’événement, finit par revenir à de meilleurs sentiments et d’accepter de répondre, à sa manière, aux questions des journalistes.
Ces derniers ne se sont pas fait prier et ont soulevé toutes les questions qui préoccupent l’opinion mauritanienne.
Mais, hélas, les réponses étaient le plus souvent très évasives.
Et à l’arrivée, cette conférence de presse fut une véritable tempête dans un verre d’eau car elle n’apporta aucune solution aux grands problèmes pendants et ne suscita même pas l’espoir pour tous ceux qui s’attendaient à voir les choses se décanter.
Bakari Guèye


Tentative d’arnaque à l’hôpital « Mère et Enfant » de Nouakchott ?

mere enfCrédit: AMI

Suite à une brusque dégradation de son état de santé, Mme Fatimetou, jeune femme analphabète, en état de grossesse, fut internée pendant plus d’une semaine à l’hôpital Mère et Enfant de Nouakchott.

Heureusement pour elle, tout finit par s’arranger et après son accouchement intervenu le 25 mars, elle fut autorisée à regagner son domicile 24 heures plus tard.
Seulement, avant de quitter l’hôpital, elle a eu mailles à partir avec une partie du personnel médical qui, pour des raisons louches a tenté de lui faire payer une facture très salée.
A son arrivée dans les locaux du centre hospitalier, la patiente avait été placée dans la salle de réanimation. 48 heures avant son accouchement, elle fut admise dans une autre salle, apparemment particulière où elle subit une césarienne.
Et on fit savoir à ses accompagnateurs que les personnes admises dans cette salle doivent payer une forte somme d’argent, furent-ils couverts par une assurance-maladie.
Mais ces derniers refusèrent d’obtempérer et expliquèrent clairement à leurs interlocuteurs que Mme Fatimetou -qui, soi dit en passant est l’épouse d’un militaire-est assurée par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie(CNAM) et n’est tenu de payer qu’une somme très en deçà de celle exigée.
Et, on décida de mettre le mari de Fatimetou au parfum de cette rocambolesque affaire. Ce dernier, retenu pour des raisons de service, ne pouvait se présenter pour défendre la cause de son épouse demanda à ce qu’on lui passe par téléphone l’un des éléments du personnel de l’hôpital.
Mais ces derniers ne tenaient apparemment pas à aller plus loin et l’un d’eux laissa entendre que la facture sera adressée au responsable du fonds d’aide réservé aux indigents.
Cette proposition sortit le mari de Fatimetou de ses gonds. Il rappela le droit de son épouse de bénéficier des prestations de la couverture médicale et s’offusqua du fait qu’on veuille l’assimiler à un pauvre diable.
Cette ténébreuse affaire repose le problème lancinant de la corruption dans les centres médicaux du pays. En effet, dans la plupart de ces structures, pour ne pas dire toutes, il faut impérativement mettre la main à la poche pour pouvoir bénéficier de la moindre prestation.
Et parfois, on surfe sur l’ignorance des malades pour leur faire avaler des couleuvres. Quant aux assurés de la CNAM, ils ne sont pas généralement les bienvenus dans les centres de santé car, ce n’est pas toujours très aisé de leur soutirer de l’argent.
Et pourtant, ces gens cotisent mensuellement et n’ont rien à envier à ceux qui payent cash.
Bakari Guèye


Mauritanie : le français en état de siège !

francophonieCrédit:AMF

 

A l’occasion la Semaine de la langue française organisée par l’Alliance franco-mauritanienne (AFM) du 14 au 22 mars courant, il importe de faire le point sur la situation de cette langue en Mauritanie.

Il y a lieu de souligner d’emblée que, dans ce pays qui a donné du fil à retordre aux colons, la langue française est plus que partout ailleurs l’objet de toutes les récriminations, aussi bien de la part de l’élite que d’une population savamment montée contre elle.
Ce rejet trouve ses racines dans la lointaine histoire coloniale, avec l’imposition de cette langue dans un pays profondément musulman et peuplé d’habitants d’origines diverses.
Du côté de la composante négro-africaine de la population, on s’accommode de la présence de cette langue. En revanche, du côté de la composante arabo-berbère,  on continue à résister au français, perçue comme une manifestation intolérable de l’impérialisme linguistique.
Pour cette frange de la population qui soit dit en passant compte beaucoup de francophones, seule la langue arabe devrait avoir droit de cité, car c’est la langue par excellence du Coran et de l’islam.

Ce positionnement des franges de la population face au français ne lui rend guère service et constitue l’une des manifestations les plus éloquentes de la fracture communautaire dans ce pays.
Cette fracture est l’objet d’une récupération politicienne permanente qui a poussé les gouvernements successifs depuis l’indépendance, en 1960, à mener une guerre sécrète contre le français, une guerre qui finira par se révéler au grand jour.
Ainsi, depuis les premières années de l’indépendance, les dirigeants du pays se sont employés à modifier le système éducatif à la française en y introduisant une dose d’arabe.
Cette tendance a conduit à une arabisation progressive qui s’est traduite par une école à deux systèmes, avec le français pour les Mauritaniens d’origine africaine et l’arabe pour la composante arabo-berbère.

Les francophones; une espèce en voie de disparition

Cette situation a accentué beaucoup plus la fracture communautaire en créant deux types de citoyens dans un même pays.
Et malgré la tentative de fédérer les deux systèmes, à la faveur de la dernière réforme du système éducatif lancée en 1999, le fossé est toujours très grand.
Cette réforme avait le mérite de revaloriser l’enseignement du français en ce sens, qu’elle avait décrété l’enseignement obligatoire des matières scientifiques en français exclusivement.
Malheureusement, cette initiative ne fit pas mouche, car les résistances au sein du système , noyauté par les arabisants, étaient les plus fortes et la volonté politique laissait également à désirer.
Et, au moment où on décréta cette réforme, on continua à former les arabisants en masse. Par contre, les francophones, une espèce en voie de disparition, étaient recrutés au compte-gouttes. C’est dire que la volonté de sabotage était manifeste.

Cette réforme bidon est toujours en vigueur, mais aujourd’hui, l’enseignement du français dans les écoles mauritaniennes est si exécrable qu’on aura du mal à assurer la relève. Et dans les prochaines années, il va falloir se résoudre à importer des francophones.
Face à ce recul inquiétant du français en Mauritanie, ni les instances de la Francophonie et encore moins la France ne remédient à cette situation.
Au contraire, la France semble opter pour la fermeture à outrance de ses frontières au nez et à la barbe des étudiants mauritaniens, qui peinent à trouver un visa pour poursuivre leurs études dans les universités françaises
Bakari Guèye


Mauritanie : une visite comme les autres

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Crédit Ami

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz est arrivé ce matin à Néma (Extrême-est du pays). Ce déplacement entre dans le cadre d’un long périple qui le mènera successivement dans toutes les grandes agglomérations des régions du Hodh (Hodh Occidental et Hodh Oriental).

Mis à part le caractère routinier de cette longue balade à travers le pays profond, c’est malheureusement et comme à l’accoutumée, le volet folklorique et panégyrique qui l’emporte.
En effet, le président aura à ses trousses tout au long de son séjour tout ce que la République compte comme laudateurs et autres béni- oui-oui, des cadres de la haute administration, tenant chacun à mobiliser son clan pour contribuer à la chaleur de l’accueil. Il s’agit là de la meilleure stratégie pour se faire remarquer et assurer ses arrières.
Les visites présidentielles constituent ainsi une véritable saignée pour le pays, car en l’espace de quelques jours, des dizaines de millions d’ouguiyas sont dilapidées.
Il va sans dire que la facture est très salée, mais le contribuable est tenu de payer sans rechigner, pour toutes ces extravagances.
Et pourtant, à son arrivée au pouvoir en 2008, l’homme fort du pays avait tenté de se démarquer de cette vieille et mauvaise habitude héritée du régime dictatorial de Ould Taya, qui a gouverné le pays d’une main de fer de 1984 à 2005.
Au premier jour de cette visite, on attendait le président Aziz sur plusieurs dossiers chauds qui tiennent les Mauritaniens en haleine. Il y a entre autres la question lancinante de la grève des employés de la SNIM ainsi que celle concernant le dialogue politique pour trouver une issue à la crise multidimensionnelle que traverse le pays.
Mais ould Abdel Aziz a préféré garder le mutisme, réservant ses révélations pour les jours à venir, laissant ainsi ses concitoyens sur leur faim.
Bakari Guèye


Mauritanie : la grève de tous les périls

Crédit : SNIM
Crédit : SNIM

Le régime mauritanien fait face depuis près d’un mois et demi à une grève dans le secteur minier. Il s’agit d’un mouvement observé par les employés de la Société nationale industrielle et minière (SNIM) basés à Zouerate et Nouadhibou, ville à partir de laquelle le minerai de fer est acheminé vers l’étranger.

La direction de la société qui a failli à ses engagements en renonçant à mettre en œuvre un document datant de mai 2014 et signé conjointement avec les délégués des travailleurs, a ainsi mis le feu aux poudres, poussant les mineurs à entrer en grève pour obtenir gain de cause.

Il aura fallu attendre plus d’un mois avant que l’un des membres du gouvernement , en l’occurrence le ministre des Mines, ne soit dépêché sur place, non pas pour négocier, mais tout juste pour faire des propositions jugées inacceptables pour les grévistes. Sa mission fut donc un fiasco total.

Face à la désinvolture avec laquelle le pouvoir semble gérer la crise, des voix se sont élevées de partout pour dénoncer une fuite en avant qui risquerait de mettre en péril le principal pilier de l’économie mauritanienne.

C’est ainsi qu’une frange importante de l’opposition et de la société civile regroupées au sein du Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU) a, au cours d’une conférence de presse organisée cet après-midi à Nouakchott, exhorté le gouvernement « à trouver sans délai une solution à cette grève ».

Maître Mahfoud Ould Bettah, un des porte-parole de cette coalition a déploré « l’attitude irresponsable du gouvernement face à la mort inéluctable de la plus importante entreprise du pays. »  Il souligne  « qu’un arrêt de travail de longue durée  est de nature à avoir des répercussions catastrophiques, et prévisibles sur la vie économique et sociale du pays ».

Pour le FNDU, le refus de dialoguer avec les grévistes est un signe qui ne trompe pas. Par conséquent, le dialogue politique tant attendu n’aura pas lieu tant que cette crise ouvrière ne sera pas réglée.
C’est là un coup dur pour le pouvoir en place qui s’empressait de lancer des consultations politiques qui auraient pu servir de bouée de sauvetage à un moment si crucial..

Pour sa part, l’intersyndicale (USLM, CCTM, CNTM, CLTM, CGTM) a condamné le 8 mars dans un communiqué l’attitude de la direction de la SNIM qui continue « à s’entêter et refuse de négocier avec les représentants des salariés pour parvenir à une solution consensuelle à cette crise ».

Même son de cloche du côté d’un autre pôle de la société civile qui a rendu public un communiqué de presse dans lequel les organisations de la société civile appellent la société nationale et l’ensemble de ses employés à faire preuve d’un sens plus élevé de responsabilité et de patriotisme. Elles invitent les deux parties à entamer des négociations immédiates en vue d’une solution consensuelle et juste  pour sauver l’entreprise et préserver ainsi des intérêts nationaux et vitaux.

C’est dans ce contexte de crise que Messaoud Ould Boulkhier, président du Conseil économique et social, leader de l’Alliance populaire progressiste (APP), un des principaux partis politiques a déclaré le 8 mars lors d’un meeting tenue à El Mina-banlieue Ouest de Nouakchott- que : « La Mauritanie connaît une situation politique grave, accentuée par une crise sociale aiguë en raison des pratiques politiciennes du pouvoir ». Et Messaoud d’ajouter que : « Le pouvoir minimise les dossiers importants et sensibles et continue à négliger les ayants droits dans tous les domaines. »

Rappelons enfin que la Société nationale industrielle et minière, spécialisée dans l’extraction du minerai de fer, est la plus grande entreprise de Mauritanie. Elle est le deuxième employeur du pays après la fonction publique.
Bakari Guèye


Mauritanie : Une justice décriée

amicrédit photo:AMI

 

Le 23 février dernier, un vieil homme de 65 ans a été pris à parti et sauvagement battu par une bande de jeunes. Les faits se sont déroulés à Riad, un quartier populaire de la banlieue Sud de Nouakchott.
Le vieux Zeine, c’est son nom demeure toujours dans un état second quant à ses agresseurs qui furent très vite identifiés et arrêtés par la police, ils viennent d’être relâchés et innocentés par le juge et s’apprêtent sans nul doute à commettre un nouveau forfait.
Des histoires comme celle là, il y en a tous les jours à Nouakchott et ailleurs en Mauritanie où la justice ne brille pas par son efficacité.
Cette situation somme toute révoltante, s’explique par un laxisme et un interventionnisme dévastateurs dont les pauvres citoyens sans défense, sans bras longs, font les frais.
C’est ainsi que des délinquants de tout acabit profitent de cette impunité et sévissent sans retenue aucune car étant sûr qu’une main magique les sortirait du pétrin à chaque fois qu’ils volent, agressent ou tuent de sang froid.
Ce n’est donc pas un hasard si beaucoup de mauritaniens n’accordent aucun crédit à une justice dépendante et instrumentalisée qui, au lieu de protéger le citoyen victime d’une injustice, se range paradoxalement dans le camp des suspects et autres accusés pris en flagrant délit.
Bakari Guèye

 

 

 


Mendicité à Nouakchott : Un créneau porteur

mendphotoCrédit photo:Saharamedia

Les grandes artères de la capitale mauritanienne sont quotidiennement prises d’assaut par des hordes de mendiants. Ces derniers se postent, dès les premières heures de la matinée, aux abords des différents carrefours et débordent sur le bitume, mettant ainsi à rude épreuve des automobilistes, qui ne savent plus à quel saint se vouer.
Il s’agit d’une véritable armée en furie comprenant des unités entières d’enfants et de femmes.
Les occupants des véhicules qui passent sont acculés et chaque mendiant a sa méthode pour soutirer quelques sous aux généreux donateurs.
En effet, les mauritaniens sont réputés avoir la gâchette facile, une générosité dont usent et abusent ces parasites des temps modernes.
La montée en flèche de ce phénomène suscite beaucoup d’interrogations au sein de l’opinion même si certains brandissent l’argument de la crise économique que traverse le pays.
En réalité, il s’agit là d’un véritable créneau porteur et beaucoup d’hommes et de femmes valides en ont fait un métier à part entière.
Ce n’est donc pas un hasard si certains mendiants sont devenus prospères et respirent la santé, mais vu l’appât du gain, ils continuent toujours à tendre piteusement la main.
Bakari Guèye


Mauritanie : un sénateur défend les exactions contre la communauté noire en 1989

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Le sénateur Ould Dahi. Crédit photo : Cridem

En 1989 des événements d’une rare violence ont secoué la Mauritanie et le Sénégal causant des centaines de morts de part et d’autre.

Ce conflit avait été mis à contribution par le régime dictatorial de l’époque, dirigé par Ould Taya, pour régler ses comptes avec la communauté négro-mauritanienne du pays, qui a payé un lourd tribut.

Soutenu par le régime baasiste de Sadam Hussein et profondément imbu de l’idéologie panarabiste, Ould Taya avait tenté de rayer de la carte toute une communauté, une folie qui relevait tout simplement de l’utopie.

C’est ainsi que malgré le nettoyage systématique opéré au sein de l’administration et de l’armée et les centaines de villages de la vallée vidés, l’opération échouera lamentablement et finit par emporter son initiateur.

Vingt-six après cette funeste entreprise et au moment où on s’emploie laborieusement à recoller les morceaux d’une unité nationale qui avait volé en éclats, voilà qu’un lugubre sénateur, présenté comme un proche conseiller du président actuel, affirme sans ambages que ces exactions contre une partie de la population mauritanienne étaient ce qu’il y avait de mieux dans le bilan -tristement célèbre- du dictateur déchu.

Selon Ould Dahi (c’est son nom) qui s’exprimait sur le plateau de la chaine privée  ElWatanya : « Les Noirs occupaient les ministères et les institutions comme la Santé, la défense, les télécommunications… »

Ces déclarations négationnistes et racistes, qui n’ont jusque-là suscité aucune réaction officielle de la part des acteurs politiques et de la société civile, ont par contre provoqué une vague de réprobation sur les réseaux sociaux.

Quoiqu’il en soit, de telles déclarations ne sont pas de nature à contribuer à l’édification de l’unité nationale en Mauritanie où la fracture sociale et économique entre les communautés constitue une épée de Damoclès et menace dangereusement l’existence même du pays.

Bakari Guèye

 

 


Dialogue politique en Mauritanie : Un processus qui a du mal à se déclencher

maurisahelCrédit photo: Maurisahel

Le pouvoir et l’opposition se regardent toujours en chiens de faïence et le dialogue souhaité par les deux parties, a du mal à prendre forme. En tout cas jusque là on n’a noté aucun progrès à en croire le premier ministre Yahya Ould Hademine qui s’exprimait aujourd’hui devant des élus et autres responsables de l’Union Pour la République (UPR), le parti au pouvoir. Selon le chef du gouvernement, les pourparlers sont toujours au point mort et aucune avancée n’a été enregistrée jusqu’à présent.
Ce n’est d’ailleurs là qu’un secret de polichinelle. Bien vrai que depuis quelques semaines, on a assisté à des signes annonciateurs de ces négociations avec notamment les déclarations encourageantes du président de la République ; mais aussi la décision du conseil des ministres le 05 février dernier portant sur le report des élections sénatoriales.
Ce report est interprété par certains observateurs comme une perche tendue à l’opposition pour l’inciter au dialogue.
C’est d’ailleurs ce qu’a laissé entendre le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ould Ahmed Raré, au cours d’un point de presse.
Cette reprise du dialogue qui est à l’ordre du jour depuis quelques semaines suscite de grands espoirs au sein de l’opinion publique mauritanienne lassée par les tentatives avortées de dialogue entre le pouvoir et l’opposition, qui ne sont pas parvenus jusque là à s’accorder sur les préalables de ces négociations.
Notons que lors du précédent round, tenu sans l’opposition dite radicale réuni au sein du Forum national pour l’unité et la démocratie (Fndu), les résultats étaient mitigés et le pouvoir fut accusé de ne pas appliquer les termes de l’accord.
Le résultat ne s’est pas fait attendre, ce qui s’est traduit par la vive contestation de la présidentielle du 21 juin 2014.
Depuis lors c’est le statut quo et l’opposition dans son ensemble hésite à se jeter de nouveau dans la gueule du loup.
Le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) dirigé par l’opposant charismatique Ahmed Ould Dadah a donné le ton en déclarant son rejet d’un dialogue que le président Mohamed Ould Abdelaziz « propose simplement pour faire diversion et détourner l’attention des mauritaniens par rapport à la situation où son action a conduit le Pays. »
Dans un communiqué rendu public récemment, le RFD a exigé comme condition préalable à tout dialogue la prise en compte de deux préoccupations, à savoir : « la levée des entraves et obstacles que dresse le pouvoir devant l’application de la Constitution et des lois, conduisant ainsi au discrédit de l’Etat et de toutes ses institutions : Gouvernement, Parlement, Justice et Armée. »
Et la deuxième étant « la mise en œuvre de mesures tendant à instaurer une transparence dans la gestion de la chose publique et à prendre en compte les aspirations légitimes des mauritaniens qui vivent au quotidien, l’injustice, la précarité sociale et les brimades.»
La balle est donc dans le camp du pouvoir et l’opposition semble cette fois-ci décidée à ne pas se laisser faire et exige de vrais garanties.
Bakari Guèye


Mauritanie : Une fillette violée et assassinée à Arafat

AMSMECrédit photo:AMSME

La série noire continue à Nouakchott où les crimes les plus abjects deviennent chose banale.

Ce soir encore les délinquants de la banlieue Nord-est(Tarhil) ont commis un forfait d’une rare violence. La victime, une fois n’est pas coutume, est une jeune fille qui a été violée avant d’être sauvagement assassinée puis jetée dans la rue.

Ce crime abominable intervient quelques semaines à peine après celui d’une autre enfant de dix ans, violée et brulée vive par des malfrats, dans la même zone ; des assassins qui ont été arrêtés depuis et qui croupissent actuellement en prison.

Des crimes de ce genre sont devenus monnaie courante dans cette capitale tentaculaire où la sécurité est loin d’être la chose la mieux partagée.

En effet, avec la montée en flèche de la délinquance juvénile-dû en grande partie à l’échec du système éducatif-des quartiers entiers sont soumis à la loi des délinquants qui font la pluie et le beau temps.

Les patrouilles nocturnes des éléments de la police, de la garde et de la gendarmerie ont montré leur limite, voire leur inefficacité. De ce fait, on assiste de plus en plus à l’émergence de comités d’autodéfense au sein des différents quartiers.

Du coté des autorités, on continue de minimiser le problème même si on assiste depuis quelques jours à un retour timide de la police nationale, en disgrâce depuis quelques années et qui, dans le passé arrivait tant bien que mal à contenir la montée de la criminalité.

Bakari Guèye