Mauritanie : mise en demeure contre les écoles privées, de la poudre aux yeux ?

ECOLE PRIVEE CRIDEM
Crédit photo: Cridem

Le ministère de l’Éducation nationale a adressé récemment une lettre de mise en demeure aux écoles privées invitées à respecter les cahiers des charges et à appliquer scrupuleusement la réglementation en vigueur.
A en croire le directeur de l’Enseignement privé qui s’exprimait sur la télévision nationale, 89 établissements ne disposant pas de récépissés ont d’ores et déjà été fermés. Et plus de 400 autres établissements, dont certains, sont en porte à faux avec la loi, doivent régulariser leur situation pour ne pas subir le même sort.

Reste à savoir si cette fameuse loi que le ministère brandit telle une épée de Damoclès va bien être appliquée à tous. Le doute demeure et est permis quant on sait que parmi cette kyrielle d’écoles, rares sont celles qui sont aux normes. Il va falloir donc plus d’élasticité et de souplesse pour ne pas obliger toutes ces écoles-boutiques à mettre la clef sous le paillasson.

En effet, profitant du laisser-aller et de la pagaille ambiante, les écoles privées ont poussé comme des champignons et mis à part l’appât du gain, la plupart d’entre elles n’ont pas leur raison d’être, car ne respectant pas les règles les plus élémentaires de l’enseignement.

Les infrastructures sont rudimentaires et inappropriées. La grande majorité de ces écoles louent des maisons à usage d’habitation où même la cuisine fait figure de salle de classe. Les élèves sont serrés comme des sardines. Et la plupart du temps, on ne tient guère compte du nombre d’élèves par rapport à la superficie de la classe. Du coup, il n’est pas rare de voir certains élèves suivre les cours perchés sur des fenêtres ou complètement hors de la classe.
Quant aux enseignants, la priorité est donnée aux plus offrants, des étrangers le plus souvent, sans niveau, ni formation aucune.
Pour avoir une idée du piteux état de ce secteur, je vous invite à lire cette inscription qui trône majestueusement sur la devanture d’un établissement privé de Dar Naim, un quartier populaire de la capitale : « Ecole Privé : Primaire-Colege-Segondaire ».

La question qui se pose c’est de savoir quelle est la recette miracle que le ministère va adopter pour mettre fin à ce commerce juteux qui se fait sur le dos de pauvres citoyens. Des parents qui jettent leur argent par la fenêtre en engraissant des propriétaires sans scrupule gérant des écoles le plus souvent bidon. Et quand on sait qu’il y a des milliers d’agréments d’écoles privées qui alimentent le marché noir et qui se vendent comme des petits pains, on ne peut qu’être consterné par la profondeur du mal.
Bakari Guèye

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