Mauritanie : le non à la reconnaissance des FPC

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Crédit photo:B.G

Le ministère de l’Intérieur vient de signifier aux dirigeants des Forces progressistes pour le changement (FPC) le rejet de leur parti qui avait sollicité depuis quelques mois une reconnaissance officielle.
Au cours d’une conférence de presse organisée mercredi 5 août au siège des FPC, le président du parti Samba Thiam a dénoncé cette décision jugée « arbitraire et illégale »
Selon lui, « Le gouvernement à travers le rejet de notre dossier est dans l’illégalité totale, tant sur le plan de la procédure qu’au niveau des raisons invoquées, qui ne reposent sur aucun fondement sérieux. »
Pour M. Thiam, la décision du ministère est illégale pour 3 raisons : « D’abord par la procédure. La loi donne 2 mois à l’administration après le dépôt de candidature pour se prononcer sur le fond (recevabilité ou conformité avec la loi), chose que nous a confirmée le directeur adjoint des affaires publiques en personne, lors de la décharge du dossier. Voilà que le ministère ne répond que 8 mois plus tard.
Deuxième grief avancé par le président des FPC : « Les raisons invoquées par le ministre, pour justifier le rejet : ces raisons ne s’appliquent absolument pas à nous, au regard de notre orientation de politique générale contenue dans le dossier, et de notre discours qui a toujours plaidé pour l’unité nationale, mais pour une unité recadrée… »
Troisième élément de contestation, les articles 11 de la Constitution et 6 de la loi 91-024 concernant la création des partis politiques et sur lesquels le ministère affirme s’être appuyé pour rejeter le parti.
L’article 11 rejette tout parti qui peut par son objet ou son action porter atteinte à la souveraineté nationale, à l’intégrité territoriale, à l’unité de la nation et de la République.
Pour M. Thiam, sa formation ne pourrait en aucun cas tomber sous le coup de cet article ; et encore moins sous le coup de celui de la loi 91-024 qui dit que : « Aucun parti ou groupement politique ne peut s’identifier à une race, à une région, à une tribu, à un sexe ou à une confrérie. »
Le conférencier a par ailleurs souligné que : «L’ordonnance en question est de type déclaratif, mais le ministère de l’Intérieur s’entête à conditionner l’existence légale de tout parti à la délivrance de récépissé, non requis par la loi. »
En conclusion, le président des FPC a déclaré : « Nous contestons cette décision injuste, arbitraire du pouvoir qui nous frappe, à travers un général qui cherche à perpétuer un système discriminatoire, inique. Nous allons donc la combattre de toutes nos forces. Nous ne renoncerons pas à nos droits. »
Il a enfin lancé un appel « à toutes les forces vives, aux partis politiques progressistes, aux compatriotes arabo-berbères honnêtes, hostiles à l’arbitraire. »
La guerre est donc ouverte entre le pouvoir et les FPC.
Bakari Guèye

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