Mauritanie/Le dialogue politique remis au goût du jour : le pouvoir y va en solo

 

Dial RI
Crédit photo:RI

Le dialogue politique annoncé unilatéralement il y a quelques semaines par la présidence de la République devrait débuter ce lundi 7 septembre. La question qui se pose, c’est de savoir de quel dialogue il s’agit, dans la mesure où le FNDU (Forum national pour la démocratie et l’unité), principal pôle de l’opposition a décidé de pratiquer la politique de la chaise vide.
Malheureusement, le pouvoir qui tient apparemment toujours à dialoguer a décidé de le faire quitte à dialoguer avec lui-même.
En effet, tous les poids lourds politiques ont opté pour le boycott.
Le FNDU a rappelé dimanche ses conditions accusant le régime de mauvaise foi.

Ce dernier, dos au mur devrait se contenter de la présence insignifiante d’une nuée d’opportunistes qui sont loin de faire le poids et dont la présence ne pourrait guère constituer une caution crédible pour cette énième démonstration des manœuvres politiciennes.
Donc, même si plusieurs « partillons » ont décidé d’assister à ce dialogue aux côtés du pouvoir, ce dialogue ne peut être que biaisé et peu ou pas du tout crédible.

De ce fait, on reste dans la quadrature du cercle et c’est le pays tout entier qui en pâtit.
Les problèmes que sont la crise politique et tous ses corollaires demeureront et le citoyen mauritanien déjà très éprouvé n’en sera que beaucoup plus mal en point. Et c’est lui le grand perdant dans cette histoire.
Si en convoquant ce dialogue, l’objectif du pouvoir c’était de diviser l’opposition, ce serait peine perdue, la mayonnaise aura mal pris, car en dehors de quelques opportunistes qui ont préféré répondre à l’appel, la plupart des membres de l’opposition crédible ont décidé de faire la sourde oreille.

Quoiqu’il en soit, le pays traverse une passe difficile avec une situation économique et sociale explosive. Il est donc du devoir des gouvernants de trouver une porte de sortie et de s’investir beaucoup plus sérieusement pour le bien-être des Mauritaniens. Privés des richesses du pays, ces derniers continuent de broyer du noir, une aberration qu’il conviendrait de corriger, et le plus tôt sera le mieux.
Bakari Guèye

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