Mauritanie/Gouvernement : On prend les mêmes et on recommence !

Crédit photo: AMI

Le chambardement tant souhaité n’aura finalement pas lieu et la liste des membres du nouveau gouvernement qui vient d’être rendue publique par la Présidence ne compte que trois nouvelles têtes ou même deux seulement car le nouveau porte-parole du gouvernement qui n’est autre que le président du parti au pouvoir, ne fait que retrouver un poste qu’il avait occupé en 2014 .

Apparemment, le premier ministre fraîchement propulsé à la tête du gouvernement a eu les instructions de faire du neuf avec du vieux.

Du côté des sortants, on notera le départ des ministres de la défense et celle de la fonction publique, deux grosses pointures considérées comme fidèles parmi les fidèles du président de la République.

Monsieur Diallo Mamadou Bathia devrait certainement faire valoir ses droits à la retraite ; une grande perte pour le pouvoir du président Aziz qui perd en cet énarque, l’un des meilleurs technocrates de la République, un commis de l’Etat d’une qualité très rare.

Idem pour Mme Coumba Bâ, une ministre de qualité qui a été souvent pressentie pour effectuer des missions difficiles.

Départ également de Mr Ould Oudaa, ex ministre de l’équipement et des transports, un autre fidèle du chef de l’Etat qui serait emporté dit-on par ses contreperformances au niveau politique dans son Brakna natal.

Quant à Mr Mohamed Ould Cheikh Sidiya, l’ex ministre secrétaire Général de la présidence, son départ n’a pas surpris car depuis sa nomination il y a juste quelques mois, il a brillé par son effacement, ayant apparemment du mal à évoluer dans les arcanes de la haute administration.

De son côté, le tonitruant ex porte parole du gouvernement, Mr Mohamed Lemine Ould Cheikh, il paie apparemment pour ses sorties médiatiques enflammés et rocambolesques, un excès de zèle qui a porté plus d’une fois un grand tort à l’action gouvernementale.

Ce remaniement en apparence sans grande envergure consacre pourtant une redistribution des cartes en perspective de la présidentielle de 2019. D’abord l’éviction de l’ex premier ministre Ould Hademine, casé à la présidence comme ministre d’Etat chargé de mission, un titre pompeux à première vue mais un ministre sans portefeuille ; une maigre consolation pour cet homme qui, en perdant son poste stratégique voit ses ambitions totalement compromises.

Autre nouveauté, la nomination du Général de division Ghazouani, ministre de la défense nationale. Depuis plusieurs années, ce poste était la chasse gardée des civils, c’est pourquoi il y a lieu de penser que ce changement de cap n’est pas gratuit. L’homme qui est dans l’antichambre de la retraite est présenté comme l’un des potentiels successeurs du président Aziz. C’est donc à croire qu’il profitera de ce poste hautement stratégique pour mieux se préparer à une éventuelle conquête du pouvoir.

Bakari Guèye

 

 

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