Mauritanie : Terrorisme, migration irrégulière et extrémisme violent

Crédit photo/Nouakchottonline

Le réseau des associations de jeunes de Nouakchott, en collaboration avec l’Organisation Internationale des Migrations(OIM) a organisé le samedi 04 février dans les locaux de la Commune d’Elmina une journée de sensibilisation sur le terrorisme, la migration irrégulière et l’extrémisme violent.

Cette journée s’est déroulée sous la supervision des autorités communales et administratives. On notait entre autres des représentants du ministère de la jeunesse et des sports, du préfet du département et du Maire de la Commune d’El Mina.

Les participants ont pu suivre un exposé sur la thématique à l’ordre du jour, un exposé présenté par M. Isselmou Ould Salihi, expert en la matière et directeur du centre des droits de l’homme.

Dans son allocution de bienvenue, M.Oumar Ould Abdallahi, représentant du maire d’El Mina a souligné que la problématique de la migration clandestine et de l’extrémisme violent concerne le monde entier. Il a invité au passage les jeunes à tirer profit de cette formation.

A son tour, M.Moussa M’Barek, au nom du réseau des associations de jeunes de Nouakchott remercié les invités avant d’inviter les jeunes présents à cette formation de bien assimiler les différents enseignements afin de les restituer à la base.

Pour sa part, Madame Tomoto Sato, qui représente l’OIM a mis en exergue le rôle joué par cette organisation qui a réalisé plusieurs actions au profit des forces de sécurité mauritaniennes et des migrants.

Madame Tomoto Sato s’est également félicité du travail accompli par l’OIM en collaboration avec des associations de jeunes dans le domaine de la sensibilisation contre les méfaits de la migration irrégulière, le radicalisme et l’extrême violent ainsi qu’un Forum de discussions et de débats au profit des jeunes.

Entrant dans le vif du sujet « Les dangers de la migration irrégulière, le terrorisme et l’extrémisme violent » M. Isselmou a décortiqué le sujet en mettant en évidence les tenants et les aboutissants.

L’expert a tout d’abord exposé les différentes définitions et acceptions des notions de terrorisme, extrémisme violent et immigration clandestine.

S’agissant du terrorisme, c’est : «Un mode d’action auquel ont recours des adversaires qui s’affranchissent des règles de guerre conventionnelle pour compenser l’insuffisance de leurs moyens et atteindre leurs objectifs politiques.»

Quant à l‘extrémisme violent c’est « un processus par lequel une personne ou un groupe adoptent des points de vue radicaux qui se traduisent par des comportements violents et versent ainsi dans le terrorisme. »

S’agissant de l’immigration clandestine, elle a été définie comme « l’entrée illicite sur un territoire national d’étrangers n’ayant pas réalisé les formalités. »

Parlant des causes du terrorisme, le conférencier a énuméré une longue liste comprenant la pauvreté, le chômage, l’analphabétisme, l’injustice, l’humiliation, l’absence de l’Etat, la crise de valeurs, l’influences extérieures, la politique de deux poids deux mesures …

Pour l’immigration clandestine, M. Salihi a mis en avant des facteurs économiques (précarité), politiques (crises) et sociaux (ambitions ou recherche de regroupement). Il a par ailleurs noté que des voies dangereuses  sont empruntées par les migrants et leurs passeurs vers l’’Espagne, l’Italie et la Grèce…

Abordant les conséquences du terrorisme, le formateur a égréné un lot de désolation avec une « Stratégie de choc  alliant attentats, attaques, décapitations,, films d’horreur et enlèvements, viols, mariages forcés … »

Et, pour ce qui est de l’immigration clandestine « Selon les estimations 19 144 immigrés principalement Africains et Maghrébins sont morts aux frontières de l’Europe entre 1988 et 2013, dont 8 479 sont disparus en mer. En Méditerranée, dans le Canal des Sicile  entre l’Algerie et l’es iles de Sardaigne, aux larges des Iles canaries et du Detroit de Gibrartar. Il y a également des milliers de morts sur les routes du Sahara le long des pistes entre le Soudan, le Tchad, le Niger et le Mali d’un côté et la Libye et l’Algérie de l’autre. A la mort s’ajoute la maltraitance, la xénophobie le rejet, l’expulsion et la précarité des camps. »

A la fin de son intervention, le conférencier a dressé une batterie de recommandations pour baliser le terrain et permettre aux jeunes de ne pas tomber dans les travers de ces fléaux des temps modernes.

A noter que les jeunes ont eu l’occasion de débattre largement de ces problématiques et ont pu être édifiés sur tous les dangers qui les sous-tendent.

Bakari Guèye

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