Dialogue politique en Mauritanie : Un processus qui a du mal à se déclencher

maurisahelCrédit photo: Maurisahel

Le pouvoir et l’opposition se regardent toujours en chiens de faïence et le dialogue souhaité par les deux parties, a du mal à prendre forme. En tout cas jusque là on n’a noté aucun progrès à en croire le premier ministre Yahya Ould Hademine qui s’exprimait aujourd’hui devant des élus et autres responsables de l’Union Pour la République (UPR), le parti au pouvoir. Selon le chef du gouvernement, les pourparlers sont toujours au point mort et aucune avancée n’a été enregistrée jusqu’à présent.
Ce n’est d’ailleurs là qu’un secret de polichinelle. Bien vrai que depuis quelques semaines, on a assisté à des signes annonciateurs de ces négociations avec notamment les déclarations encourageantes du président de la République ; mais aussi la décision du conseil des ministres le 05 février dernier portant sur le report des élections sénatoriales.
Ce report est interprété par certains observateurs comme une perche tendue à l’opposition pour l’inciter au dialogue.
C’est d’ailleurs ce qu’a laissé entendre le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ould Ahmed Raré, au cours d’un point de presse.
Cette reprise du dialogue qui est à l’ordre du jour depuis quelques semaines suscite de grands espoirs au sein de l’opinion publique mauritanienne lassée par les tentatives avortées de dialogue entre le pouvoir et l’opposition, qui ne sont pas parvenus jusque là à s’accorder sur les préalables de ces négociations.
Notons que lors du précédent round, tenu sans l’opposition dite radicale réuni au sein du Forum national pour l’unité et la démocratie (Fndu), les résultats étaient mitigés et le pouvoir fut accusé de ne pas appliquer les termes de l’accord.
Le résultat ne s’est pas fait attendre, ce qui s’est traduit par la vive contestation de la présidentielle du 21 juin 2014.
Depuis lors c’est le statut quo et l’opposition dans son ensemble hésite à se jeter de nouveau dans la gueule du loup.
Le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) dirigé par l’opposant charismatique Ahmed Ould Dadah a donné le ton en déclarant son rejet d’un dialogue que le président Mohamed Ould Abdelaziz « propose simplement pour faire diversion et détourner l’attention des mauritaniens par rapport à la situation où son action a conduit le Pays. »
Dans un communiqué rendu public récemment, le RFD a exigé comme condition préalable à tout dialogue la prise en compte de deux préoccupations, à savoir : « la levée des entraves et obstacles que dresse le pouvoir devant l’application de la Constitution et des lois, conduisant ainsi au discrédit de l’Etat et de toutes ses institutions : Gouvernement, Parlement, Justice et Armée. »
Et la deuxième étant « la mise en œuvre de mesures tendant à instaurer une transparence dans la gestion de la chose publique et à prendre en compte les aspirations légitimes des mauritaniens qui vivent au quotidien, l’injustice, la précarité sociale et les brimades.»
La balle est donc dans le camp du pouvoir et l’opposition semble cette fois-ci décidée à ne pas se laisser faire et exige de vrais garanties.
Bakari Guèye

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