Trafic des manuels scolaires en Mauritanie: l’Institut Pédagogique National tape du poing sur la table

Article : Trafic des manuels scolaires en Mauritanie: l’Institut Pédagogique National tape du poing sur la table
6 février 2015

Trafic des manuels scolaires en Mauritanie: l’Institut Pédagogique National tape du poing sur la table

RFICrédit photo:RFI

Les autorités mauritaniennes ont décrété l’année 2015 «  Année de l’Enseignement », une manière pour le président mauritanien de faire amende honorable après l’échec cuisant enregistré par le système éducatif national, durant le premier mandat présidentiel (2009-2014).

Au programme de cette année toute spéciale, plusieurs activités sont à l’ordre du jour. C’est dans ce cadre que, l’Institut Pédagogique National(IPN) vient d’enclencher une vaste opération visant à mettre fin au trafic du livre scolaire, dont le lieu de prédilection a été jusque-là les librairies commerciales, au grand dam des bibliothèques scolaires dont les rayons sont généralement vides.

Ainsi, note un communiqué de l’IPN rendu public le 1er janvier : «

Pour contrecarrer les spéculations sur les manuels scolaires, la Direction de l’Institut pédagogique National (IPN) a engagé depuis un mois des investigations de terrain en collaboration avec les autorités administratives et sécuritaires. »

Notons que depuis le lancement de cette campagne aussi bien à Nouakchott qu’à l’intérieur du pays, plus de 50000 exemplaires ont été saisis, une prise qui met du baume au cœur des parents d’élèves, qui dépensent des sommes faramineuses pour acquérir le précieux sésame.

Par ailleurs, la direction de l’IPN annonce avoir ouvert une enquête pour déterminer les responsabilités et les sources de ce trafic illicite qui alimente le marché noir et permet à certains de faire de bonnes affaires sur le dos des pauvres élèves qui, en principe, devraient bénéficier d’une distribution gratuite de ces manuels, dont la fabrication est entièrement prise en charge par l’Etat.

Si l’enquête suit son cours normal, des têtes devraient tomber car, on imagine mal le développement d’un trafic d’une telle ampleur sans des complicités internes.

Quoiqu’il en soit, il est temps que le ministère de l’éducation prenne le taureau par les cornes et agisse pour redonner à l’école mauritanienne ses lettres de noblesse.

Bakari Guèye

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