Mauritanie : Une recrudescence inquiétante des viols

Article : Mauritanie : Une recrudescence inquiétante des viols
27 avril 2015

Mauritanie : Une recrudescence inquiétante des viols

viol irin
crédit:Irin

La capitale mauritanienne qui étend ses tentacules dans toutes les directions, fait face de plus en plus à une insécurité qui est en passe d’être la chose la mieux partagée par les habitants. C’est ainsi qu’à Nouakchott plus qu’ailleurs dans le pays, les histoires de viol défraient régulièrement la chronique.

Ce phénomène qui n’est pas nouveau mais qui prend aujourd’hui une ampleur inégalée s’explique par la complicité de la société avec les violeurs.
En effet, la plupart des familles pour des histoires d’honneur et autres préfèrent passer sous silence les agressions subies par les leurs. Ainsi, les auteurs de viol s’en sortent la plupart du temps, ce qui pousse beaucoup d’entre eux à la récidive. Face à ce problème très grave du reste des associations de la société civile commencent à s’organiser pour le combattre.
L’association mauritanienne pour la santé de la mère et de l’enfant(AMSME) basée à El Mina (banlieue Sud-ouest de Nouakchott) est de celles-là. On peut citer également l’Association Mauritanienne des femmes Chefs de famille(AFCF).
Ces associations qui travaillent en étroite collaboration avec la police assurent une prise en charge psychologique et sociale aux victimes. C’est ainsi que les filles et femmes victimes de viol sont recueillies et hébergées dans un centre(ASME) où elles bénéficient d’une scolarisation pour certaines, de cours d’alphabétisation pour d’autres.
Les enfants issus des viols sont également pris en charge.
D’après les statistiques publiées récemment par le Centre El Wafa de conseil et de prise en charge des victimes de violences sexuelles, cinquante cas de viol ont été enregistrés entre janvier et mars 2015.
Parmi ceux-ci, on compte 42 filles, 3 garçons et 5 femmes.
Voilà des chiffres qui donnent le tournis et qui sont révélateurs de la gravité du phénomène.
Face à ce grave phénomène, l’impunité reste toujours de mise au grand dam des associations et autres défenseurs des droits de l’homme qui œuvrent avec détermination pour que les auteurs soient sévèrement punis.
La balle est donc dans le camp des autorités qui doivent agir en commençant notamment par une criminalisation du viol et une application sans complaisance de la loi.
Bakari Guèye

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