Interview du président du SIMAS : « Nous devons aller de manière irréversible à la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire »

Article : Interview du président du SIMAS : « Nous devons aller de manière irréversible à la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire »
20 avril 2015

Interview du président du SIMAS : « Nous devons aller de manière irréversible à la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire »

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M.Taoua Doh Marcel

M. Taoua Doh Marcel est un membre actif de la communauté ivoirienne installée en Mauritanie. Il dirige la Solidarité Ivoiro-Maghrébine et Sahélienne(SIMAS), une ONG qui s’investit dans les questions liées à la coopération ivoiro-maghrébine ainsi que la réconciliation en Cote d’Ivoire. Dans cette interview, il fait le point sur toutes ces questions.Question : Une petite présentation de la SIMAS M. Taoua ?
Taoua Doh Marcel(TDM) : La SIMAS est un mouvement qui a pour vocation de favoriser une dynamique de coopération entre la Cote d’Ivoire et la Mauritanie particulièrement et généralement entre la Cote d’Ivoire et les autres pays du Maghreb et le G5 du Sahel.
Cette coopération s’inscrit dans les domaines économique, culturel, scolaire, humanitaire, touristique et notamment la libre circulation des personnes.
Au plan local (Cote d’Ivoire), elle souhaite s’investir dans une dynamique de réconciliation nationale avec ses partenaires telle que l’ONG I.S.A (International Save Africa) dirigée par Mme Apithy Clémence.
La SIMAS est actuellement dirigée par moi-même qui en est l’un des fondateurs.
Question : Quels sont les objectifs de la SIMAS pour la Cote d’Ivoire ?
TDM : La SIMAS a pour objectif au plan national de réunir tous les ivoiriens, de toutes les tendances politiques confondues, de toutes religions, de toutes les régions, autour de la table des négociations afin de trouver par la paix et le dialogue une solution pour la mise en œuvre du processus de la vrai réconciliation. Si la réconciliation tarde à décoller en Cote d’Ivoire c’est parce que les bons leviers ne sont pas activés.
Question : Quelles sont les propositions que vous faites pour parvenir à cette réconciliation ?
TDM : Pour nous, la réconciliation est une affaire interne à la Cote d’Ivoire. De ce fait, il faut confier cette tache à des personnes n’ayant aucun objectif politique. Des personnes soucieuses de rassembler tous les ivoiriens en Cote d’Ivoire et à l’extérieur. Quand je dis à l’extérieur, je parle de toutes les zones où il y a un flux d’ivoiriens. Le Maghreb semble avoir été oublié dans le schéma de réconciliation de monsieur Bany qui, à mon avis était politiquement trop engagé pour mener à bien cette commission nationale de réconciliation. La preuve, c’est la rupture du dialogue. Il faut donc repenser la stratégie de mise en œuvre de ce processus de réconciliation nationale en laissant plus cette tâche à la société civile associée à la chefferie traditionnelle et aux religieux.
Ce groupe de travail non partisan aura donc pour mission de ramener d’abord sans compromis les différents acteurs de la crise ivoirienne à la table des négociations. C’est donc pendant les débats alors que chacun pourra exiger quoi que ce soit. Avant tout, il faut d’abord se parler, se reparler.
Question: Pensez-vous que les partisans du président Laurent Gbagbo accepteront de négocier sans sa libération, celle de son épouse et des autres prisonniers ?
TDM : Le président Gbagbo est un homme de dialogue et même avant son arrestation, il ne cessait de prôner le dialogue et la négociation. Donc, ceux qui refusent d’aller au dialogue sous prétexte que le président Laurent Gbagbo devrait d’abord être libéré ne connaissent pas bien l’homme. Pour l’instauration de la paix en Cote d’Ivoire, Gbagbo sacrifierait sa propre vie. Il en est de même pour son épouse Simone. Les ivoiriens doivent apprendre à se pardonner. L’opposition doit faire preuve de dépassement. Les partisans du RHDP aussi. Certes des crimes ont été commis, des vies enlevées sauvagement, depuis 2002 jusqu’à aujourd’hui. Aucune parole ne pourrait ramener ces proches disparus à cause d’intérêts égoïstes des hommes que nous sommes. Cependant, il faut, au nom de la paix et au nom de l’avenir de nos enfants, accepter de nous réconcilier et de nous retrouver autour de la table des négociations et discuter sincèrement et honnêtement.
Question : Avez-vous un message à lancer aux ivoiriens ?
TDM : A mes compatriotes, je dirai qu’un nouveau jour doit se lever sur notre pays. Les hommes passent mais la Cote d’Ivoire demeure. Nous devons aller de manière irréversible à la réconciliation nationale en faisant un effort de projection vers le futur. Le passé sombre de l’histoire de notre pays doit être oublié.
Question: Avez-vous un message particulier pour le président de la République, Alassane Dramane Ouattara ?
TDM : Je dirai à monsieur le président de la République de Cote d’Ivoire que l’on est président que grâce à la volonté de Dieu. C’est donc au nom de ce Dieu que je lui demande de pardonner à ses frères leurs erreurs, comme eux aussi lui pardonnerons ses erreurs à lui.
Propos recueillis Par Bakari Guèye

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En vous engageant pour la paix et la réconciliation en Côte d'Ivoire vous venez de donner un signal fort à tous ceux qui n'y croyaient plus. Vivement votre retour pour ensemble bâtir une nation forte et prospère !