Nouakchott confrontée au spectre de la soif

charett
Crédit photo: Le Calame

L’approvisionnement en eau de la ville de Nouakchott continue à se poser avec acuité et les populations souffrent régulièrement le martyre pour obtenir leur ration quotidienne du précieux liquide.


Depuis le début du ramadan, une forte pénurie d’eau a secoué plusieurs quartiers de Nouakchott et notamment les quartiers pauvres de la périphérie (Toujounine, Dar Naim, Tarhil…) où le fût de 200 litres se négociait à plus de 500 ouguiyas. C’est à croire qu’on a affaire au baril d’or noir.

Pourtant, au niveau de la société nationale d’eau (SNDE), on ne cesse de clamer qu’on a pris les dispositions nécessaires pour assurer la couverture des besoins des habitants de la capitale en eau, notamment depuis l’inauguration en grande pompe le 24 novembre 2010 par le président mauritanien du projet Aftout Essahili, considéré comme solution définitive à l’approvisionnement en eau des populations de la capitale à partir du fleuve Sénégal, situé à près de 200 km au Sud.

Avec une capacité de départ de 170.000 m3/J, il devait permettre de satisfaire la demande à l’horizon 2020. Et même 2030 si l’on tient compte des capacités d’évolution à 226.000 m3/j. Ce projet titanesque a couté la bagatelle de 451 millions de dollars, et sa réalisation était censée résoudre définitivement le problème de l’eau potable. Malheureusement pour les populations de la gigantesque métropole, tel est loin d’être le cas. Et près de cinq ans après son lancement, les redoutables charretiers dominent toujours le marché de l’eau et imposent leur loi. Et en attendant que le nouveau réseau de distribution soit opérationnel, ils continuent à faire la pluie et le beau temps, au grand dam des populations abandonnées à leur triste sort. Cette situation en dit long sur le chemin qui reste encore à parcourir pour un pays dont les habitants n’ont pas encore accès, pour beaucoup d’entre eux, à l’eau potable et où les habitants de la capitale censés être des privilégiés n’acquièrent cette eau, à l’hygiène douteuse qu’à dos d’âne et à prix d’or.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *