Mauritanie/Dialogue politique : Le pouvoir s’impatiente

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Crédit photo: Maurisahel

La sortie médiatique de M. Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République, l’homme chargé par le pouvoir de superviser le dialogue politique avec l’opposition, n’a pas apporté grand-chose à cet épineux dossier, qui traine en longueur depuis bientôt deux ans.

En dehors du fait d’avoir réitéré ce qu’il appelle la volonté du président de la République de s’asseoir sur une même table avec l’opposition, il s’est contenté de ressasser les positions maintes fois galvaudés par le régime.

Par ailleurs, le fait de déclarer que ce dialogue va démarrer dans les plus brefs délais, faisant ainsi fi de l’avis de l’opposition, en dit long sur le blocage qui demeure toujours de mise.

Et pour se dédouaner, le ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République, a nommément invité le Rassemblement des Forces Démocratiques(RFD) et le Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU), à prendre le train en marche.

Pour le monsieur dialogue du gouvernement, le pays se porte bien et pour ce faire, il ne s’est pas privé d’avancer l’argument-refrain du pouvoir à savoir que comparativement aux autres pays, on n’a pas à se plaindre.

Selon M. Moulaye, l’opposition boycottiste ne doit pas rater le coche cette fois-ci et le dialogue sera totalement ouvert, assure-t-il, tous les dossiers pourront y être discutés.

S’agissant des élections, il a préconisé la reconduction de la tristement célèbre CENI, une catastrophe qui avait beaucoup marqué les esprits par son amateurisme et la fraude à grande échelle qu’elle avait cautionnée lors des précédentes joutes électorales.

Le ministre  a assuré que les moyens mis à la disposition de la CENI seront renforcés, mais saura-t-elle relever le défi ? Rien n’est moins sûr, vu sa proximité avec l’administration.

Quoiqu’il en soit, l’opposition à laquelle s’est adressé M. le ministre n’a pas tardé à émettre des doutes quant à la sincérité d’un dialogue qu’elle estime taillée sur mesure.

En effet, M. Moulaye a dans ses réponses aux questions des journalistes affirmé que la question de la réponse écrite à l’opposition est dépassée et que pour ce qui est d’un gouvernement d’union, il n’en n’est pas question.

Et c’était là pratiquement les principales revendications de cette frange de l’opposition, qui apparemment n’est pas prête à transiger sur sa position du tout ou rien.

En tout cas, le train du dialogue est bien lancé et le pouvoir est bien décidé à faire aboutir, ce dialogue, son dialogue avec lui-même, quitte à faire approuver des réformes qui seraient déjà dans les tiroirs. Et parmi ces réformes, on parle de la dissolution du sénat et de la création d’un poste de vice-président de la République, un poste dont le premier occupant serait déjà connu. Il s’agit du président de l’APP, M. Messaoud Ould Boulkheir.

Bakari Guèye

 

 

 

 

 

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