Mauritanie : L’unité nationale en question

MPCrédit: Rimweb

Les questions liées à la jeunesse et à la préservation de l’unité nationale sont au centre des préoccupations de « Mauritanie perspectives »(MP), un cercle de réflexion et d’échange, constitué d’intellectuels, ayant pour objectif d’œuvrer pour l’instauration d’un Etat de droit en Mauritanie.C’est dans ce cadre que l’hôtel Iman de Nouakchott a abrité le 1er avril une rencontre sur les thèmes de la jeunesse, de l’emploi et de la communication en relation avec l’unité nationale.
Ouvrant le débat, M. Sall, professeur de philo à l’université de Nouakchott a insisté sur la nécessité de bien gérer la diversité que représentent les différentes composantes du peuple mauritanien.
Au sujet de la communication, il s’est appesanti sur l’importance des contenus médiatiques et sur le temps imparti aux différentes émissions qui doivent cibler les différentes couches de la population sans discrimination aucune.
S’agissant des propositions émises par le professeur, il préconise, pour mieux rapprocher les mauritaniens les uns des autres d’encourager les colonies de vacances entre ressortissants des différentes villes du pays.
Pour M. Mohamed Vall Ould Omer, éditorialiste de la Tribune, qui affirme éprouver une certaine gène à l’évocation du concept « unité nationale », en Mauritanie, on fait plutôt face à un problème de cohésion nationale.
M.Omer a salué des initiatives telles que la création de la deuxième chaine publique et de la radio citoyenne qui, de son point de vue ont beaucoup contribué au rapprochement des différentes composantes de la population. Mais, il regrette que ces initiatives ne sont pas encouragées comme il se doit et d’aucuns s’évertuent à leur mettre des bâtons dans les roues.
Le directeur de la Tribune propose de faire un lobbying immédiat pour amener les responsables de l’État à inscrire leurs enfants à l’école publique. Ce n’est qu’à ce prix estime-t-il qu’on arrivera à redresser le système éducatif qui est la source de tous les problèmes.
Autre proposition du journaliste : réhabiliter les internats au sein des établissements scolaires. Il faut conseille-t-il profiter de l’enthousiasme suscité par la déclaration des autorités publiques qui ont décrété l’année 2015, Année de l’éducation.
Autre idées avancées, celles de M.Hamma Ould Soufi, dirigeant des associations de jeunes en Mauritanie. Il faut dit-il s’appuyer sur la jeunesse pour bâtir un état fort qui puisse solder les problèmes de cohésion et de justice sociales.
Pour Tabara M’Bodj, présidente de l’ONG, Citoyenneté et Droits Humains, en Mauritanie, il n’ y a pas d’unité nationale mais une tolérance nationale. Elle a déploré les inégalités criantes entre les citoyens et l’application à leur égard du deux poids deux mesures.
Abondant dans le même sens, M.Moustapha Kane a soutenu que le problème de l’unité nationale se pose absolument et les éléments allant dans le contresens de cette unité sont légion.
Quant à M.Momme Ducros, fonctionnaire au sein d’une agence de l’ONU, il a déploré le manque de représentativité des jeunes au sein de tous les rouages de l’Etat. Pour lui, la religion, le sport, la musique sont des vecteurs essentiels de l’unité nationale. C’est pourquoi estime-t-il, il convient de prendre en compte les aspirations des jeunes évoluant dans le hip hop et autres.
Mme Hapsa Souleymane, l’unité nationale fait face à de grands défis depuis près de 20 ans, il convient donc d’œuvrer pour mettre en place une unité dans la diversité.
Et pour y arriver, M. Mohamed Ould Jdoud, enseignant chercheur propose de commanditer une étude-diagnostic qui devrait nous édifier sur ce qui nous unit et ce qui nous divise.
M. Memed Ould Ahmed, haut cadre à la retraite affirme qu’on doit régler nos problèmes nous-mêmes et ne jamais compter sur d’autres pour le faire à notre place.
Selon M.Abdallahi, président du Conseil d’administration de la télévision du Sahel, le vrai combat en Mauritanie, c’est la lutte contre la langue.
Il faut dit-il arriver à instaurer une justice normale et que les ONG puissent jouer leur rôle en portant assistance aux personnes en difficulté. Pour lui, l’Etat, la religion ainsi que l’unité nationales sont prises en otage et il faut œuvrer pour desserrer l’étau autour d’elles.
M. Sarr de la société civile propose la mise en place d’un outil permettant de visualiser toutes les zones grises concernant l’unité nationale. Il faut également ajoute-t-il instaurer une forme d’apprentissage de la diversité, une immersion au sein des familles.
Pour M. Achraf, professeur à l’université de Nouakchott, en Mauritanie, on a besoin d’un vrai éducation et d’une vrai justice pour surmonter tous les problèmes.
M.Cheikh Aidara, journaliste a quant à lui mis en exergue dans son intervention, le problème de la mauvaise répartition des postes et des richesses qui est source de frustration pour de grandes franges de la population mauritanienne.
Même son de cloche pour son collège Bakari Guèye qui a pourfendu l’attitude hypocrite des élites qui ont la fâcheuse tendance de ne pas vouloir reconnaitre les grands problèmes qui pourtant crèvent les yeux.
Selon M. Guèye, les nominations inéquitables au sein des postes de l’administration et l’exclusion manifeste de certaines couches des grandes écoles (École militaire, École des mines, École polytechnique…) sont autant de sources de frustrations qui ne contribuent guère au rapprochement tant souhaité entre communautés.
Bakari Guèye

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