Mauritanie : l’opposition hausse le ton

 

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Crédit photo: Tawassoul.mr

Après plusieurs mois de tergiversations et un dialogue politique avec le pouvoir qui tarde à prendre forme, une bonne frange de l’opposition mauritanienne, regroupée au sein du Front National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU), est subitement passée à la vitesse supérieure.
Ce samedi, le FNDU a organisé un méga-meeting à Arafat, un quartier populeux de la capitale, au cours duquel ses principaux ténors se sont succédés à la tribune pour mettre au pilori la politique du gouvernement et fustiger une situation jugée désastreuse par une partie de la population, touchée de plein fouet par la crise économique et la cherté de la vie.

Ainsi, M. Jémil Mansour, leader du parti islamiste Tawassoul, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en déclarant sans ambages que : « les citoyens sont confrontés à la hausse vertigineuse des prix, à la gabegie, à l’insécurité et au chômage qui fait des ravages chez les jeunes et notamment les diplômés chômeurs. » Il n’a pas non plus manqué de dénoncer le refus du gouvernement de baisser le prix des hydrocarbures.

Même son de cloche du vice-président de l’UFP, Mohamed Moustapha Ould Bedredine qui a affirmé que : « le message le plus important que le forum de l’opposition va exprimer aujourd’hui, est de témoigner sa solidarité avec les citoyens face à la flambée vertigineuse des prix, à la propagation de la criminalité et à la recrudescence de l’insécurité. »

Pour Fatimetou Mint Khatri, autre figure du FNDU : « La situation du pays a atteint un tel degré de gravité que nul n’a plus le droit de rester indifférent. » Mme Khatri a invité l’opposition silencieuse au sein de la majorité au pouvoir à prendre ses responsabilités en dénonçant cette situation jugée périlleuse.

Pour sa part, le président du FNDU, M. Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, a déclaré que « la hausse vertigineuse des prix actuellement ne peut guère être justifiée par la situation de l’économie mondiale. Cette hausse est insupportable pour les citoyens et elle ne va pas de pair avec des salaires initialement très bas. » Ould Bouhoubeyni a défendu la nécessité du dialogue, conditionné à l’acceptation de la part du gouvernement de rédiger une réponse écrite pour répondre aux doléances du forum.

Pour Saleh Ould Hanena, président du parti Hatem : « ce n’est pas l’opposition qui bloque les pourparlers. Au contraire, elle attend toujours une réponse écrite du gouvernement à son document. »

Bakari Guèye

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