Mauritanie : Le président reprend son bâton de pèlerin

visiteCrédit:AMI

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz continue à se balader au frais du contribuable et ce au grand dam des habitants des régions visitées qui croupissent sous la misère et la soif.
A peine rentré d’un séjour de dix jours dans 3 régions de l’Est du pays, voilà qu’il s’envole de nouveau pour un nouveau cycle de visites qui le mènera dans plusieurs autres régions du pays.
Ce nouveau périple sera entamé dès demain par la région du Tiris Zemmour(Nord du pays) et notamment par la cité minière de Zouerate dont les habitants souffrent encore des conséquences de l’embargo économique décrété par les autorités nationales pour punir les travailleurs de la SNIM(géant minier et l’un des poumons économiques du pays) d’une grève tout à fait légale qui a duré deux mois.
Cette grève a connu une gestion catastrophique de la part de la direction de la SNIM, qui en réalité est téléguidée par la présidence. C’est ainsi que les grévistes et leurs familles ont subi les privations et les brimades de toutes sortes (coupures des salaires, des vivres, de l’eau, de l’électricité, menaces d’expulsion des logements, etc.)
Au cours d’une conférence de presse tenue à la veille du dénouement de cette crise, le président de la République s’était adressé aux grévistes en des termes peu amènes.
Et dire qu’à l’occasion de cette visite -à connotation folklorique comme les précédentes-il s’attend à ce que les habitants de Zouerate lui déroulent le tapis rouge !
C’est en tout cas ce à quoi s’emploient tous les élus de la région ainsi que les notables et autres personnalités évoluant dans le giron du régime.
A l’autre extrémité du pays, à Kiffa, capitale de la région de l’Assaba, la plus grande agglomération du pays après Nouakchott, on se démène aussi pour accueillir le président de la République.
C’est ainsi qu’aussi bien à Nouakchott qu’à Kiffa, les réunions de cadres et les conclaves tribaux se succèdent.
Là aussi, on ne lésine pas sur les moyens pour faire étalage de la capacité phénoménale de mobilisation de moyens humains et matériels pour assurer un accueil chaleureux et ainsi montrer son allégeance inconditionnelle au chef de l’Etat.
Mais l’on peut se demander pourquoi ce branle bas de combat des cercles influents avant le début de chaque visite présidentielle ?
La réponse est toute simple. L’objectif derrière tout ce remue ménage n’est autre que la préservation de privilèges et des intérêts personnels au détriment des populations locales et de l’intérêt général.
En effet ces populations sont toujours les grands perdants dans ce jeu de poker menteur.
C’est ainsi qu’en dehors de discours dithyrambiques et de promesses mirobolantes, ces populations n’obtiennent pas grand-chose à l’occasion de ces visites.
A kiffa par exemple, la préoccupation essentielle en ce moment est l’alimentation en eau potable. La ville fait face en effet à un déficit cruel et d’aucuns parlent d’une catastrophe en vue. La situation est d’autant plus inquiétante que le réseau en place est insuffisant et fonctionne avec des installations qui laissent à désirer et ce, malgré son installation récente.
Malheureusement, on ne s’attend pas à grand-chose de la part du gouvernement ; et pourtant, rien qu’avec les fonds qui seront mobilisés pour cette visite, on pourrait régler tous ces problèmes.
Rappelons qu’au cours du sommet du Millénaire, du 6 au 8 septembre 2000 à New York, les dirigeants des pays du monde dont la Mauritanie avaient convenu de réduire de moitié, au plus tard en 2015, la proportion de la population qui n’a pas accès, de façon durable, à un approvisionnement en eau potable.
Concernant la Mauritanie, en tout cas, et particulièrement la ville de Kiffa, on est encore très loin de cet objectif mais, l’espoir est toujours de mise et peut être qu’à l’occasion de cette visite, le président de la République succomberait au cri de son cœur et donnerait l’ordre de mettre en place un plan de bataille pour sauver des milliers de ces concitoyens menacés par la soif.
Bakari Guèye

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