Mauritanie : Notre contribution aux États Généraux de la réforme de la presse

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Crédit photo: AS

Depuis longtemps, les responsables de la presse indépendante demandent avec insistance une véritable réforme pour aboutir à une décantation du secteur afin de le rendre plus efficace, fiable, pouvant  le mener vers son noble objectif qui est celui de l’information vraie sans fioritures.

Un écrit bien fourni avec des preuves préservées, tangibles, un travail d’investigation peuvent jouer un rôle vital dans la transformation des esprits, dans la formation d’une élite soucieuse du devenir d’un pays. Une presse sérieuse, efficace et responsable renforce la démocratie et transforme le citoyen. Mais faudrait-il qu’elle ait les moyens de son ambition ?  Facilité d’accès à l’information, volonté politique de la part des pouvoirs publics, autonomie financière, ressources humaines,  fort tirage de qualité, distribution et représentation au niveau national voire sous régional, équité dans la distribution des abonnements  et des insertions octroyés aujourd’hui comme hier à un seul organe de surcroit  propriété de l’Etat, favoriser la promotion et l’encouragement de la presse régionale en particulier dans les grandes capitales des régions du pays telles que Rosso, Sélibaby, Néma, Aioun, Kiffa, Aleg , Boghé, Kaédi, Atar , Zouérate et Nouadhibou pour ne citer que celles-ci, l’ouverture de kiosques dans ces villes pour la vente des journaux afin que l’opinion nationale accède à l’information.

En outre faut-il dissocier la presse écrite plus francophone qu’arabophone qui se meurt du fait d’un manque criant de moyens financiers et de ressources humaines des sites électroniques voire des radios et télévisions qui prolifèrent comme des champignons.

Selon nous, ce déséquilibre flagrant pourrait être résolu par la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel  (HAPA) qui supervise, entre autres rôles, l’appui de la presse par l’existence en son sein d’une commission de distribution d’un montant de 200 millions d’ouguiyas doté depuis trois ans  par les pouvoirs publics au premier chef à la presse écrite mais accaparé en grande partie par des centaines de sites électroniques, la dizaine de radios et TV et surtout  l’Imprimerie Nationale. Celle-ci, même si elle prend en charge 50% du montant de l’impression des journaux, doit être réformée du fait de la mauvaise qualité de son travail et sa cherté.  Les pouvoirs publics doivent prendre en charge  à 100% l’impression des journaux et doubler voire tripler le montant alloué à la presse pour que celle-ci mène à bien son travail combien crucial mais combien contraignant. C’est ainsi seulement  que la presse pourrait  prendre en charge un personnel pouvant travailler efficacement, un personnel inscrit à la CNSS et payé, louer un local et avoir des moyens logistiques  pour un  travail efficient pouvant faire tâche d’huile.

En outre, une décantation voire un lessivage des journaux cartables qui déshonorent  la presse, ces peshmergas qui ne laissent nulle place où le gain facile réside où un cadre politique, économique ou autre cherche à redorer un blason qui ne lui sied pas. Ces peshmergas qui pullulent lors des visites officielles présidentielles ou autres voilant les vrais problèmes auxquels  sont soumis les populations visitées. Troubadours, griots, applaudisseurs ayant pignon sur rue trouvant des facilités au sein des pouvoirs  rentrent dans ce même  ordre d’idées.

Le volet formation, l’équité dans les désignations des journalistes devant accompagner le président dans ses visites officielles tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays doivent être pris en compte.

Ne parlons pas du rôle combien fondamental des syndicats des journalistes pour la défense des droits de la presse. Il ne sert à rien que chaque corporation ait son syndicat.  Une union forte, efficace est meilleure qu’une dislocation de syndicats facile à diviser.

Voilà en gros ce que nous voulions dire si nous avions participé à ces journées de réflexion. Mais le manque de concertation, la monopolisation des décisions par la presse de Nouakchott, ne nous a  pas permis malheureusement de participer aux EGRP.

Bon vent à ces journées et surtout chers journalistes en conclaves prenez de vraies mesures, sortez avec des recommandations fortes, décisives et capables de changer le visage hideux de cette presse mourante et  sans lendemain.

Aidahy Saleck WEDDOU Nordinfo.info / Directeur publication Lumières du Nord/Nouadhibou

 

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