Mauritanie : la CENI dans de mauvais draps !

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Les mauritaniens sont allés aux urnes samedi dernier pour exprimer leur choix dans ce qu’il y a lieu de qualifier de scrutin le plus complexe de leur histoire. D’abord par le nombre impressionnant de partis et de candidats en lice, ensuite par le jumelage de cinq scrutins différents.

Ainsi pour des électeurs qui sont pour beaucoup des analphabètes, il s’agissait d’une véritable corvée synonyme du nettoyage des écuries d’Augias. Et comme il fallait s’y attendre, les bulletins nuls ont eu la part belle.

Mais ce qui retient le plus l’attention aujourd’hui, c’est l’annonce des résultats, une annonce qui se fait toujours attendre quatre jours après la fin du scrutin.

Et tout le monde a les yeux rivés sur la CENI qui apparemment est complètement débordée ; et vu l’ampleur des protestations venant des partis politiques en course qui commencent à crier au scandale et les interférences de l’administration qui tente d’intervenir ça et là pour sauver les meubles, on craint que la situation ne soit déjà hors contrôle, ce qui ouvrirait la voix à toutes les manipulations des résultats.

Ainsi, avec les graves anomalies signalés par certains leaders de partis et non des moindres, il y a lieu de s’inquiéter pour la transparence des résultats provisoires que la CENI devrait rendre public d’un moment à l’autre.

Quoiqu’il en soit, les premières tendances indiquent que la concurrence est très rude entre le parti au pouvoir et certaines grandes formations de l’opposition et notamment le parti islamiste « Tawassoul » qui, dans beaucoup de circonscriptions fait jeu égal avec le parti présidentiel voire même le devance carrément.

Voilà qui ne va pas faire l’affaire du président mauritanien qui avait pour objectif premier de barrer la route à ces islamistes qu’il a qualifié de dangereux agitateurs.

Nous serons donc certainement très loin du raz-de-marée des élus du parti au pouvoir notamment au sein de l’Assemblée nationale, un raz-de-marée qui aurait permis au président Mohamed Ould Abdel Aziz, dont le dernier mandat touche à sa fin, de tripatouiller la constitution pour s’éterniser au pouvoir.

C’est visiblement peine perdue car les mauritaniens semblent avoir décidé autrement en votant en grand nombre pour les candidats de l’opposition qui vont entrer en force à l’assemblée nationale et qui vont donner du fil à retordre aux béni-oui-oui d’une éventuelle majorité qui serait réduite comme une peau de chagrin.

Bakary Guèye

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