Kinross Tasiast a-t-elle acheté le silence du gouvernement mauritanien ?

kinros noor

Crédit photo : NI

Depuis son arrivée en Mauritanie où elle exploite le gisement aurifère de Tasiast, 3e mine d’or du monde dit-on, située au nord du pays, l’entreprise canadienne Kinross, par le biais de sa filiale, « Tasiast-Mauritanie », se comporte comme en territoire conquis.
En effet, non seulement l’extraction du métal précieux se fait dans des conditions exécrables avec l’usage de produits aussi nocifs que le plomb et le cyanure, avec tous les dangers que cela comporte pour des employés traités comme du bétail, mais la société est régie par une réglementation opaque qui en fait le terreau de pratiques peu orthodoxes.

Le pouvoir qui dès le départ a placé ses hommes au sein de la société profite grandement de ses largesses, et ce, en plus des maigres subsides que celle-ci verse au Trésor public mauritanien.
C’est ainsi que la société est curieusement le reflet de pratiques népotiques et peu orthodoxes, exactement à l’image de ce qui se passe dans l’administration mauritanienne.

Des « entrepreneurs » tombés du ciel et des « cadres » sans aucun bagage ont de ce fait, par la grâce des bras longs gravis tous les échelons, en un clin d’œil, et se sont remplis les poches.
Parallèlement à ce favoritisme chapeauté par l’administration de Kinross, complètement tropicalisée, la plupart des employés, les vrais, les plus exposés, ceux qui font la prospérité de la société sont foncièrement maltraités et ont du mal à recouvrer leurs droits.

C’est ainsi qu’en décembre 2013, lorsque la société a subitement décidé, sans préavis de mettre à la porte près de 300 travailleurs, le gouvernement n’a pas bronché, mis à part quelques gesticulations stériles, qui ont révélé au grand jour sa complicité avec la société.
Et voilà que Kinross s’apprête à récidiver, mettant en avant le même justificatif qu’en 2013, c’est-à-dire, la chute du prix de l’or.

Et, il fallait s’y attendre, la première phase du dégraissage, s’étant passé sans coup férir, les responsables de la société enhardis par l’attitude complaisante du gouvernement reviennent à la charge au grand dam des pauvres employés qui ne demandent pas plus que de conserver leur boulot.
Et, pourtant Tasiat-Mauritanie avait annoncé tambour battant, dans son plan de développement, la création de 6 000 emplois, ce qui bien entendu ne semble être qu’un chiffre destiné à la consommation de l’opinion publique nationale.
Bakari Guèye

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